20 % des proches aidants vivent de l’insécurité financière

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Alors qu’on estime qu’au moins 20 % des proches aidants vivent de l’insécurité financière, plusieurs voix s’élèvent afin que ceux-ci reçoivent un salaire de l’État.

En cette Semaine des proches aidants, on dit estimer que 20 % des proches aidants vivent de l’insécurité financière, alors qu’une perte de revenus moyenne de 16 000 $ est enregistrée en raison de la réduction des heures de travail. Pendant ce temps, au Québec, seuls 3,2 % des proches aidants ont obtenu un crédit d’impôt en 2017, un montant moyen de 559 $.

Le Soleil rapportait en début de semaine qu’un nouveau rapport du Centre canadien d’excellence pour les aidants réclame plus de soutien financier de l’État pour les épauler. Il faut dire que 85 % des soins aux aînés sont assurés présentement par des personnes proches aidantes au Québec. Ces soins coûteraient entre 4 et 10 milliards de $ s’ils étaient pris en charge par des professionnels de la santé.

La Fondation de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), qui contribue à la reconnaissance, au soutien et à l’amélioration des ressources en proche aidance, a fait des rencontres sur le terrain cette année, dont une journée à Rivière-du-Loup, et cette insécurité financière est un enjeu majeur qui est ressorti des rencontres.

« Sans me positionner pour prévoir une rémunération, il est clair que cette problématique de sécurité financière au niveau des proches aidants est ressortie comme un élément fondamental. Pour les proches aidants, le nombre d’heures investies, qui peut être très variable selon la situation, peut amener une diminution d’heures de travail, et parfois même une impossibilité de travailler », a dit le Dr Yohann St-Pierre, pédiatre à l’hôpital de Rimouski et membre du comité philanthropique de la Fondation de la Fédération des médecins spécialistes du Québec.

Le Bas-Saint-Laurent se trouve au deuxième rang des régions les plus touchées par le vieillissement de la population. 25 % des résidents du Bas-Saint-Laurent ont 65 ans et plus, alors que la proportion est de 18,8 % dans l’ensemble de la province. Le Dr St-Pierre le constate, les demandes de soutien sont de plus en plus nombreuses. « Les besoins vont en augmentant. Le nombre de demandes qu’on reçoit ne cesse de croître », dit-il.

Par ailleurs, on s’attarde de plus en plus au phénomène des « jeunes » proches aidants.

Alors que les statistiques sur le sujet sont minces au Québec, on estime qu’il y aurait près de deux millions de personnes âgées de moins de 25 ans au Canada qui agissent en tant que proches aidants. Ils assurent les soins tout en allant à l’école, au cégep ou à l’université. La Fondation a d’ailleurs accordé des montants pour des projets de répit spécifiquement pour les jeunes.

Le Québec comptait 1,7 million de personnes proches aidantes selon les plus récentes statistiques. Au Bas-Saint-Laurent, on estime ce nombre à 16 000 personnes.