Menuiserie Authentique mieux installée pour répondre à la demande

Éloi Gagnon et Guy Thibault. Photo : Maxime Paradis

Finie l’époque où Menuiserie Authentique était divisée en trois ateliers ; l’entreprise port-jolienne s’est offert tout un cadeau pour ses 20 ans : une seule et unique adresse sur la rue Henri-Gamache, dans le nouveau parc industriel de Saint-Jean-Port-Joli. Avec leur équipe, les copropriétaires Éloi Gagnon et Guy Thibault sont prêts à répondre aux nouvelles opportunités qui se présentent.

Éloi Gagnon n’a jamais prononcé les mots « il était temps », mais à l’écouter raconter les défis de logistiques et de rétention de main-d’œuvre qui accompagnaient la gestion de trois ateliers répartis dans Saint-Jean-Port-Joli, on en déduit que l’investissement de 4 M$ que vient tout juste de réaliser Menuiserie Authentique est plus que bienvenu. « On va certainement gagner 10 à 20 % en productivité, sans avoir à faire d’efforts particuliers par l’ajout de machines ou autres », dit-il.

D’une superficie de 24 000 pi2 — le triple de ce dont l’entreprise disposait à ses trois adresses passées —, la nouvelle place d’affaires de Menuiserie Authentique comprend deux ateliers, un de fabrication et un autre de restauration, les deux liés par une chambre de finition de 35’ x 50’. À cela s’ajoutent les bureaux administratifs et une cuisine avec salle à manger moderne pour les employés.

Pour l’entreprise qui employait trois personnes il y a à peine dix ans, l’investissement et la grosseur du bâtiment actuel n’ont d’égale que la croissance du nombre d’employés qui s’élève désormais à 35. À court terme, Menuiserie Authentique a même besoin de 10 à 15 personnes supplémentaires, elle qui a des contrats dans son carnet de commandes pour encore toute l’année 2023. « Avant, l’espace nous bloquait en quantité de projets qu’on pouvait faire, car on était limité dans notre capacité de stockage du bois. Aujourd’hui, ce n’est plus un problème », ajoute Éloi Gagnon.

Des « artisans »

La main-d’œuvre recherchée doit néanmoins être minimalement expérimentée en menuiserie ou en ébénisterie, ou avoir un intérêt pour ce domaine. Comme Éloi Gagnon aime le rappeler, ses employés sont des « artisans », et le terme « atelier » colle plus à leur lieu de travail que le mot « usine ». Rien n’est d’ailleurs robotisé dans cet atelier qui rassemble essentiellement de l’outillage traditionnel en menuiserie et en ébénisterie, et où les fenêtres, qui n’ont rien à voir avec les standards d’aujourd’hui, sont réalisées sur mesure de la même manière qu’on le faisait il y a 200 ans : avec tenons, mortaises et chevilles.

Cette expertise est ce qui caractérise Menuiserie Authentique, qui depuis 20 ans se spécialise dans la reproduction et la restauration de portes, fenêtres et boiseries anciennes, un marché dans lequel peu de joueurs s’aventurent au Québec. Avec cette niche, l’entreprise a su mettre son savoir-faire au profit d’immeubles patrimoniaux les plus prestigieux de la province, comme le gare du Palais, le Manège militaire, le Château Frontenac, l’université McGill, et actuellement l’hôtel de ville de Montréal, pour ne nommer que ceux-là. « Les gens de la région nous connaissent peu, car la plupart des gros contrats que nous avons réalisés dans le passé étaient à Québec ou à Montréal. Mais il y a du potentiel de développement chez nous dans le futur », poursuit le copropriétaire.

Opportunités

Les trois municipalités du littoral l’isletois se sont dotées ces dernières années d’un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA), ce qui permet d’encadrer les rénovations et les constructions neuves sur la route 132. À cela s’ajoute le Programme d’aide financière à la restauration des bâtiments d’intérêt patrimonial mis en place de concert avec le ministère de la Culture et des Communications, la MRC de L’Islet et les trois municipalités concernées de L’Islet, Saint-Jean-Port-Joli et Saint-Roch-des-Aulnaies. Le programme dispose d’une enveloppe globale de 600 000 $ sur trois ans pour la période 2022-2024, et offre jusqu’à 30 000 $ en subvention pour la réalisation de travaux de restauration patrimoniale. Certains immeubles qualifiables au programme ont été identifiés au préalable par la MRC de L’Islet, et les propriétaires en ont été informés par le biais d’une communication qui leur a été acheminée.

« Les gens aiment leur maison et ils ont le goût d’y investir. L’ouverture de ce programme, c’est porteur d’avenir pour nous, car des rénovations patrimoniales, on va se le dire, c’est plus dispendieux. Sans aide gouvernementale, ces travaux-là ne se feraient peut-être pas, mais là, il y a une opportunité pour eux, et nous, nous avons le savoir-faire et les installations pour répondre à la demande. »