SAINT-PAMPHILE – Les représentants des scieries frontalières du Québec veulent conserver leur libre accès au marché des États-Unis. Ils demandent aux gouvernements canadien et américain de reconduire l’entente qui les exclut de toutes formes de taxes ou quotas à l’exportation vers ce pays. Dans la région, 1 000 emplois directs et indirects sont en jeu, selon le député Bernard Généreux.
L’industrie américaine invoque le fait que les scieries canadiennes bénéficient d’avantages conférés par l’utilisation du bois de forêts publiques. Ce qui n’est pas le cas des frontaliers, explique M. Charles Tardif, de Maibec à Saint-Pamphile, qui s’approvisionnent presque exclusivement au sein de la forêt privée américaine et canadienne. Ce bois, dit-il, est issu du libre marché et n’est pas subventionné.
Lors des quatre derniers conflits engendrés par des plaintes et disputes commerciales de l’industrie du bois d’œuvre résineux américaine, le groupe des scieries frontalières du Québec a chaque fois obtenu un statut particulier, selon monsieur Tardif.
Question de survie
L’Accord sur le bois d’œuvre résineux entré en vigueur en 2006 a pris fin le 12 octobre 2015. Une trêve d’un an permet à l’industrie canadienne de respirer, mais cette dernière s’attend à ce que les États-Unis déposent une nouvelle plainte à son échéance. C’est ce que les neuf scieries frontalières, et le député Bernard Généreux, veulent éviter en demandant au gouvernement canadien de travailler pour reconduire cette entente. « C’est une question de survie pour l’industrie frontalière », affirme Jean-Paul Carrier, de Matériaux Blanchet de Saint-Pamphile.
Des neuf entreprises formant le groupe des scieries frontalières du Québec — on en comptait 16 en 2006 —, trois ont leurs usines dans le comté de Montmagny-L’Islet-Kamouraka-Rivière-du-Loup. Outre Maibec et Matériaux Blanchet, on retrouve aussi Bois Daaquam inc. de Saint-Just de Bretonnières. À elles seules, ces entreprises cumulent plus de 1000 emplois directs et indirects qui sont en jeu sans la reconduction de l’entente, selon le député Généreux.
Appui américain
La présence des scieries québécoises le long de la frontière canado-américaine assure aux propriétaires de forêts du Maine, mais aussi du New Hampshire, du Vermont, de New York et du Massachusetts, un marché compétitif pour leurs ventes de bois rond. Les propriétaires forestiers de ces régions des États-Unis de même que les membres du Congrès qui les représentent à Washington appuient les revendications des scieries frontalières.
Depuis les années 1980, les exportations de bois d’œuvre résineux en provenance du Canada vers les États-Unis sont régies par des règles d’exportation issues de diverses ententes négociées entre les deux pays, ou par des mesures américaines souvent contestées et déclarées illégales aux yeux de l’OMC ou de l’ALÉNA.
