LA POCATIÈRE – Aux étudiants à qui il a enseigné, André Bonsang a su transmettre son amour pour la langue française et le théâtre. Rares sont les professeurs qui ont laissé une telle empreinte chez des centaines de jeunes et d’adultes ayant eu la chance de bavarder avec lui. L’homme a vécu une vie riche, remplie de situations inattendues, voire incroyables. Il ne manquait qu’une autobiographie pour immortaliser le tout. Elle existe.
L’ouvrage, intitulé Chasse aux trésors, se décline en cinq volumes qui totalisent 1 850 pages. De quoi effrayer certains lecteurs? Qu’importe. Lui-même reconnaît que ces pages ne se lisent pas d’une traite comme un roman, mais au hasard de vagabondages littéraires. Ici et là, parmi les épisodes de cette vie qui a débuté en Belgique en 1938. Dans cette longue quête autobiographique, l’auteur traque et débusque ses souvenirs comme, le nom l’indique, dans une chasse aux trésors. À défaut d’y découvrir celui de Rackham Le Rouge, ce féru de Tintin et de l’œuvre d’Hergé nous propose plus que des bijoux en or et des diamants. Il nous dévoile ses amitiés, ses coups de cœur, ses souvenirs de voyages, ses passions.
M. Bonsang a vécu sur trois continents : l’Europe (Belgique), l’Afrique (Congo) et l’Amérique. C’est d’ailleurs par ici, à La Pocatière, qu’il a passé le plus grand nombre d’années : 48 à ce jour, en compagnie de son épouse, Nicole, et de leurs quatre enfants. Dans sa Belgique natale, qui lui a laissé ce magnifique accent, il a vécu la guerre et l’après-guerre. André Bonsang a passé 12 ans au Congo : sept avant l’indépendance et cinq après comme jeune professeur. C’est là que ce criminologue de formation découvrira cette passion pour l’enseignement qui l’amènera à immigrer au Québec en 1968. Il avait visité l’Expo universelle en 1967. En plus d’enseigner le français, André Bonsang a écrit et mis en scène de nombreuses pièces de théâtre.
Invité par ses élèves et amis
André Bonsang raconte que l’idée d’écrire, ce que l’on pourrait appeler ses mémoires — lui qui prétend en avoir peu —, a commencé vers 1992 sous la pression de ses étudiants et amis. « Un ami, Paul-André Boily, a eu un rôle tout particulier puisque pendant des mois et des années, il m’a convié à transcrire sur des bouts de papier tous les souvenirs dont j’émaillais nos conversations », dit-il. Les voilà réunis dans un ouvrage colossal où la guerre, la bande dessinée, le scoutisme, la lecture, le théâtre, l’olympisme, la religion, la vie dans la communauté, etc. trouvent une place de prédilection.
L’auteur ne ferme pas la porte à confier son œuvre à un éditeur. Pour l’instant, le document a été imprimé en 10 exemplaires pour les proches. Il existe aussi en PDF. Deux copies des cinq volumes ont été remises aux Archives de la Côte-du-Sud, à La Pocatière, et au Musée de la mémoire vivante, à Saint-Jean-Port-Joli. Les deux organismes proposent de mettre les versions PDF des documents à la disposition du public.
