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Des avancées neurologiques à Saint-Jean-Port-Joli

SAINT-JEAN-PORT-JOLI – Que diriez-vous de croiser Sydney Crosby ou Guillaume Latendresse à Saint-Jean-Port-Joli? Ce pourrait désormais être le cas grâce au nouveau principe de stimulation neurologique que le docteur Richard Turmel a instauré dans la région puisque les deux hockeyeurs ont dû se rendre à Atlanta pour recevoir un traitement à la suite de commotions cérébrales.

Les principes de stimulation neurologique se basent sur un regroupement de méthodes et d’appareils qui collectent des données quant au fonctionnement des diverses parties du cerveau. Lorsque les régions fautives ont été localisées, le Dr Richard Turmel et sa collègue, Dre Raphaëlle Raymond-Saine, tentent de rendre le système plus fonctionnel en appliquant des traitements qui activent ces zones, afin d’aller chercher le maximum de capacité que le corps est capable de donner.

Il a notamment fallu plus de douze années d’étude et plusieurs allers-retours à travers les États-Unis et l’Europe au Dr Turmel pour arriver à comprendre les différentes connexions qui régissent notre cerveau. Il affirme également « en apprendre toujours, la science étant un processus continu de recherches et de perfectionnement ». Il suivra notamment très bientôt une série de dix séminaires à Atlanta sur les commotions cérébrales.

La clinique chiropratique du Dr Turmel a été réaménagée afin de contenir une salle spécialement adaptée pour les traitements et la collecte de données des différentes parties du cerveau : le ton, la couleur bleutée, l’éclairage tamisé et la disposition des appareils ont été conçus pour calmer certaines régions du cerveau et éliminer toutes les sources d’excitants. « Ainsi, il est plus facile d’obtenir des informations exactes lorsque le cerveau est au repos forcé », affirme la Dre Raphaëlle Raymond-Saine.


Le posturographe, une plateforme de force donnant des informations sur le système nerveux, dont l’équilibre.

Des résultats qui défient la science

Les traitements ont connu des résultats exceptionnels dans des cas de commotions cérébrales, de maladie d’Alzheimer, de fibromyalgie, de troubles du mouvement, de maladie de Crown et même d’hyperactivité et de déficit d’attention chez les enfants, selon le Dr Turmel.

Ce dernier a même déjà réussi à réactiver des connexions dans le cerveau d’un jeune garçon de 19 ans qui était condamné à finir ses jours dans un état végétatif. Le jeune homme envisage aujourd’hui un retour aux études. « Il n’y a pas de limites, il faut seulement tester et dans la presque totalité des cas, on peut aider à améliorer ce qui paraissait immuable au niveau neurologique il y a à peine quelques années », affirme le Dr Turmel.

Plusieurs athlètes utilisent également ces procédés afin d’augmenter leurs performances sportives. « Si le cerveau reçoit et transmet l’information plus rapidement aux autres parties du corps, on augmente la rapidité et la précision des réactions », ajoute la Dre Raymond-Saine.


Le vidéonystamographe, un appareil qui mesure la vitesse de mouvements visuels et collecte des données essentielles sur les parties du cerveau.

Un appareil qui donne le tournis

Un des appareils de traitement utilisé est le GyroStim. Cet engin, qui fait penser à une coquille d’astronaute et qui tourne dans tous les sens, a notamment servi à rétablir les joueurs de hockey Sydney Crosby et Guillaume Latendresse, à la suite de commotions cérébrales.

Son inventeur, Kevin Maher, est un ingénieur américain qui tentait de trouver une méthode de traitement pour sa fille atteinte de paralysie cérébrale. Le GyroStim fonctionne par le mouvement de rotation, en stimulant le système vestibulaire lequel est situé dans les oreilles. « Il s’agit en fait de cibler les zones qui fonctionnent bien et de recréer des connexions entre elles et les parties malades », explique Mme Raymond-Saine.

Il n’existe que six appareils de ce genre dans le monde, dont un qui est utilisé par la NASA et un autre par l’armée américaine. L’université d’Atlanta en possède également un qui est utilisé pour des recherches plus poussées.
L’acquisition de Richard Turmel est unique au Canada et au nord des États-Unis. Selon lui, les retombées économiques seront énormes pour notre petite région. « Lorsque tu as un problème qui nuit à ta qualité de vie, tu fais du chemin », affirme le Dr Turmel qui ne croit d’ailleurs pas que cela nuira à sa visibilité que l’appareil soit dans une petite localité au lieu d’être dans la métropole.

« En amenant les patients ici, on peut davantage contrôler les facteurs extérieurs comme l’environnement, le sommeil et le stress. Ils séjournent donc dans la région et reçoivent plusieurs traitements par jour », complète la Dre Raymond-Saine.

Seul bémol au tableau, malgré les années d’étude et les nombreuses certifications du Dr Turmel, sa spécialisation en neurologie fonctionnelle n’est pas encore reconnue au Québec, alors qu’elle l’est aux États-Unis et dans certaines provinces canadiennes. Un comité d’étude canadien se penche d’ailleurs sur la question.