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Place aux lecteurs :Lettre ouverte à Monsieur le Député Norbert Morin

Monsieur le Député,

Je voudrais par la présente vous dire ma déception suite à la lecture de vos priorités dans le journal Le Placoteux du 6 février dernier.

Interrogé sur le dossier de la fermeture du Centre Thérèse-Martin de Rivière-Ouelle, vous affirmez vous ranger du côté du C.A. du CSSS du Kamouraska. Vous oubliez par cette prise de position que vous êtes la courroie de transmission entre la population et le gouvernement. Dans ce dossier, la population du Kamouraska, dont vous avez peut-être oublié que vous êtes le député, est unanime à décrier cette fermeture qui ne tient pas compte de certaines réalités, à savoir que ce Centre est né du travail et de la générosité des gens de Rivière-Ouelle et du Kamouraska il y a presque 50 ans.

Aussi que des centaines de personnes ont passé le reste de leur vie dans ces murs remplis d’histoire et aujourd’hui ceux qui y résident et leurs parents voient venir cette fermeture avec une grande tristesse et beaucoup d’anxiété.

Je ne peux passer sous silence le merveilleux travail des employés passés et présents et de leur dévouement sans borne pour les résidents et pour qui l’annonce de cette fermeture est un désastre.

Je considère que vous devriez être notre défenseur face à des décideurs qui restent sourds et inflexibles aux demandes de toute une population qui ne veut rien de moins que conserver ce que nos parents nous ont légué. Vous nous dites aussi que c’est une décision gouvernementale, qu’on ne peut rien changer. Depuis le 4 septembre, Madame Marois nous a  prouvé le contraire à maintes reprises. Vous nous dites que vous ne pouvez rien faire, que vous êtes dans l’opposition… dans mon dictionnaire opposition veut dire s’opposer…

Je vous inviterais à fréquenter régulièrement les CHSLD de la région, pas seulement une petite visite en compagnie des dirigeants. Par exemple à l’heure des repas ou encore des levers ou couchers, vous seriez en mesure de constater qu’il y a un manque de personnel, ils n’ont le temps de voir qu’aux urgences et tout le monde est concentré dans un même édifice et ils ont sur place les outils nécessaires à leur travail…

Pourquoi alors nous faire croire qu’on va être capable de s’occuper adéquatement d’une clientèle située aux quatre coins d’un très grand comté? Il me semble qu’on aurait avantage à améliorer ce qui existe déjà avant de mettre de l’avant un système qui a tout à prouver. Si le maintien à domicile était la solution, plusieurs personnes seraient encore dans leur maison.

Vous devriez questionner le CSSS sur la façon dont vont se traduire les services promis. Selon le budget et le nombre de personnes à desservir, combien d’heures/personne/semaine serons-nous en mesure de recevoir? Si c’est moins de 60 minutes/personne/semaine, 24/7 est-ce qu’on ne vient pas de changer 4 x 0,25 $ pour 1 $?

Par contre, ici je vous inviterais à être prudent, comme Nostradamus le fait avec les mots, on peut faire dire aux chiffres ce que l’on veut.

Vous vous dites inquiet pour Côte-du-Sud (choc démographique) dans Le Placoteux du 22 novembre dernier, comment pensez-vous que la population du Kamouraska se sente à l’autre bout du comté? Est-ce qu’on veut balayer nos institutions comme on l’a fait pour le comté de Kamouraska sur la carte électorale?

Thérèse Aubut
Saint-Pascal