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Place aux lecteurs: La différence fait peur

Être une personne vivant avec un handicap en 2013, c’est tout un défi. Déjà que nous vivons dans un monde où les exigences sont élevées. Tout le monde doit être beau, gentil et performant. Quand tu arrives au monde avec un handicap ou que tu le deviens au cours de ta vie, ton monde bascule. Autant pour les parents qui s’attendent à avoir un beau bébé en santé et pour l’enfant qui aura à surmonter des embuches toute sa vie, il devra se battre pour se faire une place et combattre les préjugés.

Être une personne handicapée, c’est fonctionner et vivre différemment. Tu peux avoir besoin d’une canne blanche, d’un appareil auditif pour malentendant, d’une marchette, des béquilles, d’un fauteuil roulant ou électrique ou quadri porteur. Tu peux parfois avoir de la difficulté à marcher ou à parler. Tu peux être différent par tes gestes et tes propos. Tu peux prendre du temps à circuler ou demander ton chemin. Tu peux avoir besoin d’aide pour effectuer tes déplacements ou tes besoins. Certains peuvent penser que tu peux être troublant pour ton entourage ou pour ta communauté. Ça peut déranger lorsqu’on aperçoit une personne handicapée qui fonctionne autrement que nous et on se demande parfois s’il ne vient pas d’une autre planète. C’est la différence qui fait peur.

« Différent » n’égale pas « Dangereux »

Les préjugés sont parfois tenaces dans une petite communauté comme la nôtre. On s’en rend compte lorsqu’on voit que les stationnements pour personnes handicapées ne sont pas réglementaires et non sécuritaires. Ils ne sont pas respectés et tout simplement ignorés. Le non-respect des gens est flagrant. Tant et aussi longtemps qu’on ne sera pas touché personnellement, il sera difficile de faire des changements et de sensibiliser les gens.

Je suis moi-même touchée, car j’ai un mari qui a une maladie dégénérative et qui a de la difficulté à marcher. Avec les années, on a dû faire notre deuil d’une vie normale et on a dû apprendre à vivre autrement. Mon mari a de la volonté et du courage face à son handicap. J’ai de l’admiration pour sa ténacité. Je suis là pour l’épauler et continuer notre route ensemble malgré la maladie. Non, ce n’est pas toujours facile. On a dû traverser bien des épreuves et il y en aura d’autres encore… Je vis un jour à la fois et je me dis que chaque jour suffit sa peine, mais avec courage et avec l’appui de notre entourage, on va y arriver.

L’Association Pocatoise des Personnes Handicapées nous apporte leur support et leur soutien. Elle organise plein d’activités pour les personnes handicapées de tous âges comme le party de Noël, mais pour organiser tout ça, ça prend bien des sous. Il faut demander et encore demander à des partenaires et commerçants de bien vouloir nous aider financièrement. Leur aide nous est très précieuse et sans eux, on n’y arriverait pas.

Une communauté se doit d’aider les plus démunis et les aider à avoir une meilleure qualité de vie. C’est un devoir de les intégrer dans notre milieu et à voir à leur autonomie. Aujourd’hui, ce sont eux qui sont touchés, mais demain, ça sera au tour de qui? Un accident, une maladie grave, un cancer ou un accident vasculaire cérébral est vite arrivé et peut faire basculer notre vie. Seul l’avenir nous le dira. Ouvrons notre cœur aux personnes différentes et participons activement pour améliorer leur qualité de vie dans notre communauté.

Soyons des gens de cœur!

Lise Thiboutot
Sainte-Anne-de-la-Pocatière