Publicité

Place aux lecteurs: Oléoduc : Nous sommes tous concernés

Depuis déjà quelque temps je lis dans les journaux que les compagnies pétrolières qui exploitent les sables bitumineux en Alberta tentent, par des projets d’oléoducs, d’acheminer le pétrole lourd, soit sur la côte ouest de la Colombie-Britannique, soit vers le sud des États-Unis. Ces projets rencontrent beaucoup de résistance. La Colombie-Britannique a dit non au passage de l’oléoduc sur son territoire, les États-Unis ont de grandes hésitations. On parle alors de l’acheminer vers l’est, en passant par le Québec, pour aboutir dans les Maritimes où 70 % sera acheminé par bateau vers l’Asie. Ça fait donc quelque temps qu’on les voit venir et je me dis : Est-ce que nous autres Québécois, on va se laisser faire?

Par chez nous, TransCanada, le promoteur du projet, a commencé à tenir des rencontres « d’information » avec les propriétaires des terres où passerait l’oléoduc. Ces rencontres sont fermées au public et aucun journaliste n’y est admis. On paye les propriétaires qui acceptent que la compagnie puisse aller étudier leur terrain, entre 500 $ et 1 000 $. Et tout ça se fait dans la plus grande discrétion.

Heureusement, des citoyens engagés ont retroussé leurs manches et ont organisé des rencontres d’information pour le public. Je suis allée à l’une d’elle, à Saint-Eugène, le 19 août. La salle était remplie, pas seulement par des gens directement concernés par le passage de l’oléoduc sur leur terre, mais par monsieur et madame tout le monde qui s’interrogent et s’inquiètent sur les dangers d’un tel projet sur l’environnement. Nous y avons reçu de l’information bien documentée. L’exploitation des sables bitumineux aurait de lourdes conséquences sur l’environnement et le transport du pétrole lourd par oléoduc comporterait de très grands risques. Les compagnies, malgré leur discours rassurant, sont dépassées par l’ampleur et les coûts des dommages engendrés lorsqu’il y a des accidents ou des bris. De plus l’exploitation des sables bitumineux retarde le développement des énergies ayant moins d’impact sur le climat.

Par la suite, un comité de citoyens s’est formé et j’ai participé à la première rencontre. Il y avait des gens de L’Islet, Cap St-Ignace, St-Aubert, St-Cyrille, Ste-Louise, St-Roch-des-Aulnaies, St-Jean-Port-Joli. Tous des gens très occupés, qui ont des enfants, un travail, mais qui ont choisi de mettre leur énergie ensemble pour défendre et protéger notre environnement. Je les remercie chaudement. À partir de maintenant, je ne lirai plus les actualités en me sentant impuissante et isolée face à un tel enjeu, qui me concerne, qui nous concerne tous et toutes.

Marie Laberge
St-Cyrille