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Place aux lecteurs: Transport de pétrole : train ou oléoduc, quand l’indifférence tue

 Depuis des années, les trains circulent en plein cœur de la municipalité de Lac-Mégantic, des convois entiers qui transportent du pétrole de Bakken, au Dakota du Nord, à St-Jean, au Nouveau-Brunswick, en passant par le Québec. On ne s’inquiète pas outre mesure, on ne se questionne pas. Quel est le plan d’urgence en cas d’accident? Les wagons-citernes sont-ils sécuritaires? Le système de freinage est-il adéquat? Qui surveille le convoi quand le conducteur se repose?  La compagnie a-t-elle les fonds pour payer les frais de décontamination en cas de déversement? On dort tranquille sans trop se poser de questions, on fait confiance. L’économie doit rouler. 6 juillet 2013, c’est la catastrophe : un train de 72 wagons-citernes contenant chacun 113,000 litres de pétrole brut, déraille et explose en plein centre-ville.

3 octobre 2013, à Montmagny. TransCanada Énergie Est y tient une rencontre d’information sur son projet de transport par oléoduc de 1.1 million de barils de pétrole par jour, de l’Alberta jusqu’au Nouveau-Brunswick, en passant par Montréal, Québec, la Côte-du-Sud, le Kamouraska et le Témiscouata, en traversant le fleuve et nos nombreuses rivières, nos terres agricoles, nos forêts et très près de nos maisons à certains endroits. J’étais présente ce soir là et à part des membres du comité de citoyens STOP OLÉODUC, je n’y ai vu tout au plus que sept ou huit personnes venir parler avec la vingtaine de représentants de la compagnie. Confiance, insouciance, indifférence?

Dormons-nous au gaz?

1.1 million de barils de pétrole par jour circulant dans notre sous-sol, au-dessus de la nappe phréatique, sous nos cours d’eau. 4,500 kilomètres de pipe-line avec une station de pompage à tous les 70 kilomètres, sans personnel sur place, car elles seront contrôlées par un système informatique à partir de l’Alberta. Et on ne se pose pas de questions au niveau de la sécurité et du bien-fondé de ce projet?

On se fie aux publicités rassurantes de la compagnie. On se dit que ce sera bon pour notre économie, que c’est plus sécuritaire que le train. Avons-nous la vraie information? Moi je pense qu’il est temps de réagir, de questionner, d’interpeller nos élus, de demander des études objectives et de discuter sur ce que nous voulons comme projet de société et comme avenir pour nos enfants. Ne soyons pas indifférents, nous avons notre mot à dire.

Marie Laberge
Saint-Cyrille