Au lendemain des élections municipales de 2013, en Chaudière-Appalaches (excluant Lévis) les femmes comptent maintenant pour près de 27 % des élus municipaux, comparativement à 24,5 % à la suite de l’élection de 2009. Dans l’ensemble, nous devons nous réjouir, il y a eu une légère progression.
Toutefois, le nombre de conseils ne comptant aucune femme est resté le même (14) a déploré Gisèle Camiré, coordonnatrice du Réseau des groupes de femmes de Chaudière-Appalaches dans un communiqué émis le 6 novembre. Elle ajoute « C’est dommage qu’on se prive de l’expertise des femmes » et « C’est décevant qu’une grande ville comme Montmagny ne compte aucune femme à son conseil municipal, et ce, depuis 2009 [sic]… »
Montmagny, est très, très loin de faire figure de leader dans le domaine de la représentation des femmes puisque dans les faits aucune femme n’y siège depuis huit ans (2005) et cela se poursuivra pour les quatre prochaines années.
Une situation à laquelle le conseil sortant aurait pourtant dû être attentif. Surtout dans la foulée des activités de sensibilisation qui ont été menées à travers le Québec au cours de l’année 2013 pour inciter les femmes à se lancer en politique municipale.
Malgré cela, aucune mesure n’a été adoptée par la Ville pour favoriser la participation des femmes à la sphère municipale en 2013. Résultat : la présence de candidates a cruellement manqué en 2013, elles n’ont été que deux sur 17 candidats au total, et elles n’ont malheureusement pas été élues.
Il est aberrant de constater qu’un groupe de personnes composant 50 % de la population ne soit pas représenté pendant une douzaine d’années au sein d’une administration publique comme la ville de Montmagny.
Rappelons que les Nations Unies ont fixé, dès 1990, à 30 % le pourcentage minimal de femmes que doivent compter les gouvernements pour refléter les préoccupations des femmes et apporter de véritables changements à la culture politique.
Dans cet ordre d’idée, je compte sur le nouveau conseil municipal pour travailler à ce que la Ville prenne des initiatives visant à inciter plus de femmes à se présenter aux prochaines élections municipales. Sans cela, il y a peu d’espoir d’atteindre la parité au conseil municipal avant longtemps. La parité ne se fera pas d’elle-même. Elle deviendra réalité seulement si une approche égalitaire et des mesures formelles visant l’atteinte et le maintien de la parité au sein du conseil sont adoptées.
Les femmes doivent être amenées à croire qu’elles y ont leur place, ici comme ailleurs, et qu’elles ont le pouvoir de faire changer des choses. Il est essentiel qu’elles participent activement et pleinement au développement social, économique et culturel de notre municipalité. Pour changer les choses elles devront lever la main et dire PRÉSENTE en plus grand nombre aux prochaines élections municipales.
Évitons que notre ville devienne un leader de la non-représentation des femmes au sein de son conseil municipal (titre qui serait vraiment peu enviable).
Danielle Dallaire,
candidate non élue du district 4, Montmagny

