Depuis quelque temps, les journaux regorgent d’articles et d’opinions concernant l’apprentissage intensif de l’anglais en sixième année dans les écoles francophones du Québec. On veut couper six mois dans l’apprentissage des matières de base des élèves pour leur permettre d’apprendre la langue seconde.
Disons tout de suite qu’au point de départ, c’est une aberration : aberration que de sacrifier une session complète d’apprentissages préparatoires au secondaire, aberration que de présumer que toutes les écoles auront les professeurs pour le faire; aberration que de croire que les élèves maîtriseront suffisamment l’anglais pour pouvoir se débrouiller dans la langue seconde après cette session intensive à ‘l’école’, et surtout; aberration de penser qu’ils conserveront ces acquis pendant toutes leurs années du cours secondaire alors qu’ils continueront à baigner dans un univers uniquement francophone.
Cela relève de la pensée magique. Aucun pédagogue digne de ce nom ne peut être d’accord avec une telle stratégie.
L’autre aspect de mon argumentation est le suivant : comment ce fait-il que, si cela est supposément si bon pour les francophones, on n’impose pas la même obligation à toutes les écoles anglophones et allophones du Québec? Pourquoi n’exige-t-on pas qu’elles consacrent une session entière à l’apprentissage de la langue française? Si c’est bon pour nous, ce devrait l’être pour eux aussi. Et, ce serait en plus un excellent moyen d’intégration.
Y aurait-il deux poids deux mesures au Québec? Et comment se fait-il qu’aucun politicien n’ait relevé cette injustice depuis des années?
Espérons que le gouvernement actuel saura remédier à la dérive rapide de la langue française instaurée par le gouvernement précédent. L’imposition d’une session intensive en anglais pour les élèves de sixième année est une aberration. Mais, l’absence d’une même exigence pour le milieu anglophone est une imposture.
André Tremblay
La Pocatière
