Publicité

Kamouraska-Témiscouata sous respirateur artificiel

SAINT-PASCAL – Faute de pouvoir compter sur « un large consensus » de la part des députés de l’Assemblée nationale, le ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Yvon Vallières, a dit qu’il n’avait pas l’intention de rappeler en Chambre le projet de Loi 19 sur la réforme de la carte électorale. Les espoirs de sauver le comté de Kamouraska-Témiscouata semblent alors très minces.

Député libéral de Montmagny-L’Islet, Norbert Morin reprend les arguments du ministre Vallières. Selon lui, considérant la composition de la Chambre, il était impossible d’obtenir ce consensus lors d’un vote sur le projet de Loi 19.

Pour monsieur Morin, le gouvernement ne pouvait compter sur le vote des députés indépendants, des représentants de l’ADQ, ni sur celui du député de Québec solidaire. Restait le vote des députés du Parti québécois. Or, selon Norbert Morin, les députés péquistes n‘étant pas tenus par la ligne de parti, leur appui n’était pas garanti.

Les deux tiers

Qu’entend-on par « large consensus »? Norbert Morin le situe au moins aux deux tiers du vote de la Chambre. Selon le député péquiste de Kamouraska-Témiscouata, André Simard, le président de la Chambre n’a jamais précisé ce qu’il entendait par « large consensus ». Néanmoins, le député Simard dit que même si seulement la moitié des députés péquistes avaient voté en faveur du projet de Loi, le gouvernement aurait obtenu les deux tiers des voix.

Selon André Simard, c’est peut-être au sein de sa propre députation que le Part libéral craignait de ne pas pouvoir maintenir la ligne de parti. Norbert Morin reconnaît que les députés de la région de Montréal étaient moins chauds au projet de loi, mais qu’après discussions ils avaient fait consensus pour son adoption.

L’engagement de Charest

André Simard rappelle que le premier ministre Jean Charest s’était engagé à sauver le comté lors de la campagne électorale en vue de l’élection partielle du 29 novembre 2010. Or, dit monsieur Simard, c’est le gouvernement qui avait le pouvoir de déposer le projet de Loi 19, ce qu’il n’a jamais fait.

Même si théoriquement, le projet de Loi 19 pourrait être déposé, les dernières déclarations du ministre responsable ne laissent pas croire en cette possibilité, selon André Simard. Le député a visiblement fait son deuil de la survie de son comté. Même son de cloche du côté de Norbert Morin, qui lui se dit prêt à tourner la page. « On a perdu le comté, tout le monde est perdant », conclut le député Simard.

« Yvon Vallières a essayé de nous faire porter l’odieux de sa décision concernant la refonte de la carte électorale. En refusant de rappeler le projet de Loi 19, il est le seul responsable de la disparition des trois circonscriptions rurales en janvier 2012 », soutient le caucus des députés du Parti québécois du Bas-Saint-Laurent.

Norbert Morin n’écarte pas la possibilité d’une lutte entre lui et André Simard au prochain scrutin général. Même si sa décision n’est pas arrêtée, il voit cette élection comme un défi.