SAINT-PASCAL – Les élus de l’Est-du-Québec réclament le maintien de l’ensemble des circonscriptions de cette région. Pour eux, c’est le poids politique des régions qui est en jeu.
La Commission de la représentation électorale, présidée par le directeur général des élections (DGE), propose une nouvelle carte électorale qui prévoit la disparition de trois circonscriptions électorales dans l’Est-du-Québec, dont celle de Kamouraska-Témiscouata, pour en ajouter autant en région urbaine.
Le DGE, Marcel Blanchet, estime que les changements démographiques favorisant les grands centres au détriment des régions qui se dépeuplent, force un redécoupage de la carte électorale. Il se base sur le nombre d’électeurs par circonscription requis par la loi.
Déjà, les députés et ministres libéraux, Nathalie Normandeau, Jean D’Amour, Georges Mamolonet, de même que la présidente du Parti Québécois pour la région, Carole Boucher, joignent leur voix à celles des élus municipaux pour réclamer le maintien des limites existantes.
Leadership
« Jean Charest doit assumer son leadership de premier ministre en présentant un projet de loi qui mènera à un consensus afin de modifier la loi électorale et ainsi éviter une marginalisation inacceptable des régions », soutient pour sa part le vice-président péquiste Paul Crête.
« Il est essentiel de préserver l’ensemble des comtés de l’Est-du-Québec, car, au-delà de la simple application d’une formule mathématique, c’est le cœur même de notre développement social, culturel et économique dont il est question aujourd’hui », a affirmé le député Georges Mamelonet.
Projet de loi 92
Le projet de loi no 92 déposé par le gouvernement avait pour but de maintenir les comtés en région et d’ajouter trois circonscriptions en zone urbaine, où la population a augmenté au cours des dernières années.
Conseiller socio-économiques à la MRC de Kamouraska, Charles DeBlois Martin croit que ce projet de loi doit être déposé et discuté à l’Assemblée nationale de façon à dégager un consensus. « S’il n’y a pas de consensus, les dés sont jetés », dit-il.
Perte de pouvoir politique
M. DeBlois Martin parle de la collaboration entre Kamouraska et Témiscouata depuis 25 ans, de la similitude des enjeux entre les deux territoires et la perte de pouvoir politique que la disparition de cette circonscription entraînerait. De plus, le député élu pour représenter la nouvelle circonscription de la Côte-du-Sud formée des MRC de Montmagny, L’Islet et Kamouraska, chevaucherait deux régions administratives, dit-il.
La semaine dernière, le préfet de la MRC de Kamouraska, M. Yvon Soucy, a rencontré le ministre Jean-Marc Fournier à ce sujet.
Souverain en ce domaine, le DGE devrait rendre sa décision finale d’ici quelques semaines.
