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Claude Béchard : Le politicien visionnaire!

NDLR : Voici l’éditorial de Me Clément Massé du 8 septembre 2010 diffusé à la station régionale de Radio-Canada à Rivière-du-Loup, CKRT-TV. LePlacoteux.com vous offre cet éditorial avec la permission de Me Massé.


Faut se le dire, je n’ai jamais imaginé reprendre mes réflexions chez vous avec autant de tristesse au cœur et vous comprendrez que je vous parlerai du départ si prématuré de Claude Béchard.

Justine, Béatrice, Charles, Marianne et Mylène, nombreux sommes-nous à pleurer avec vous, impuissants à vous apporter toute autre consolation tellement votre chagrin est nôtre.  Nancy, toi la mère de Justine et Béatrice, mes pensées de sympathie te visent aussi, au-delà du silence respectueux que tu sais garder, protégeant d’autant vos filles d’une trop prématurée exposition à la vie publique.

À vous tous, laissez-moi vous suggérer un apaisement par l’estime et la gratitude qu’ont suscitées les implications politiques de Claude, principalement au Kamouraska-Témiscouata. Et disons-le, son inspirante lutte contre la maladie prend le pas sur toute autre réalisation qu’on pourra évoquer.

Vous, ses proches, il le reconnaissait, avez été trop souvent privés de sa précieuse et vivifiante présence, tout passionné qu’il était dans ses engagements politiques et il a bénéficié de votre fierté comme complices de ses accomplissements.

À Saint-Philippe-de-Néri, il suscitait le haut niveau de fierté qu’il méritait, mais il est demeuré le « ti-Claude » de son enfance. Il connaissait les gens par leur nom et leur domicile pour y avoir livré le lait à un grand nombre d’entre eux. De ce lien paroissial de son enfance, il a préservé une relation encore privilégiée avec son employeur de l’époque, Pierre Jean, et sa conjointe France, des personnes de confiance qui voyaient à toutes fins pratiques à la gestion de son domicile du Lac Saint-Pierre, particulièrement depuis sa maladie.

Tant de qualités de cœur lui ont assuré aussi l’estime et l’attachement de son personnel, d’un ministère à l’autre, mais plus particulièrement ceux de son comté, à Saint-Pascal et à Pohénégamook. Ils méritent aussi ces messages d’estime pour apaiser leur peine : Claude leur reconnaissait leur contribution inestimable à ses réalisations.

Tous les milieux du Kamouraska-Témiscouata font l’unanimité en louanges pour les implications de leur député en support à leurs projets. Il était un allié fiable et enthousiaste. Comment ne pas souligner à cet égard, entre autres, les nombreux projets d’infrastructures municipales en termes de services d’égout, d’aqueduc, de voirie et de bâtiments de services dont la plupart des municipalités de son comté ont bénéficié.

Nul doute que le départ de Claude Béchard pèse particulièrement lourd sur le premier ministre Jean Charest et ses collègues du gouvernement. Il faut croire leur témoignage à cet égard dans le suivi de son décès. Lorsque le premier ministre Charest lui confiait un ministère, trop souvent, au départ cela comportait un défi particulier à relever.

Le visionnaire politique qu’était Claude Béchard mettait peu de temps à remettre le train sur les rails et à redonner une orientation originale à ce qui posait problème de sorte que son chef faisait appel à lui, d’un ministère à l’autre, pour y repositionner son gouvernement. Le ministre Béchard était son homme de confiance, fiable, courageux, sachant œuvrer sur un terrain miné en recherche de solutions convenables.  Son sens politique aiguisé ajouté à sa formation et à ses qualités humaines conviait ses interlocuteurs à des dénouements parfois imprévisibles mais combien rassurants pour son chef et son gouvernement.

Rappelons comment il a su initier une conscience environnementale plus aiguë, lors de son passage à ce ministère ou encore, comment il a su contribuer à contrer les problèmes liés à la crise du bois d’œuvre pour permettre à ce secteur économique de se reprendre en mains. Ajoutons à cela deux hauts faits qui, même si les résultats ont été décevants pour le ministre Béchard, ont démontré son leadership. 

Ainsi, il a été déçu de voir le dossier Bombardier glisser vers le milieu judiciaire alors qu’il avait fait œuvre de leadership pour préserver les emplois de La Pocatière. Il n’avait pas hésité aussi à se confronter aux pétrolières y allant même d’un projet de loi pour les forces à expliquer leur tarification, malheureusement abandonné.

Tenant compte des dossiers de son comté pour lesquels il a joué un rôle déterminant, il mérite sûrement que l’on garde son nom à la mémoire.  Déjà plusieurs ont avancé que l’Autoroute 85 porte son nom et ce serait mérité.  La même chose pourrait être rattachée au Parc national du Témiscouata, à la Station Touristique du Mont-Citadelle ou à l’accueil touristique du Québec à Ville Dégelis. 

Vous tous, ses proches immédiats, Justine, Béatrice, Charles, Marianne, Mylène, Nancy, ses collaborateurs à Saint-Pascal et Pohénégamook, serez sans doute insuffisamment consolés par tous ces messages de considération et de reconnaissance, mais cueillez-les donc comme preuve que l’amour que Claude Béchard vouait à ses proches se manifestait aussi pour ses commettants qui le lui rendent bien aujourd’hui : voilà un peu de consolation pour vous. 

Quant à nous, ceux qui ont bénéficié de ses qualités, de son énergie et de son dévouement, nous nous rappellerons de l’homme politique visionnaire et généreux.

Me Clément Massé