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Le projet de loi 132 est bloqué

Mercredi dernier, la vice-première ministre Nathalie Normandeau dénonçait, à La Pocatière, l’attitude des partis d’opposition dans le dossier de la refonte de la carte électorale. En fait, le jour même, l’ADQ et Québec solidaire avaient empêché le gouvernement Charest de déposer le projet de loi 132 permettant de suspendre le processus de refonte de la carte électorale et les pouvoirs du Directeur général des élections (DGE) jusqu’au 30 juin 2011. Cette sortie de la ministre Normandeau a suscité une vive réaction de la chef péquiste, Pauline Marois, qui a affirmé que son parti avait voté en faveur de ce projet de Loi.

Si l’on veut éviter la disparition de la circonscription électorale de Kamouraska-Témiscouata, « il est minuit moins une », a lancé la ministre, en présence de la candidate du PLQ, France Dionne. Pour elle, il est urgent de suspendre le processus. Les partis d’opposition pourront d’ici le 15 mars apporter leurs propositions.

Refuser d’adopter rapidement le projet de loi serait une trahison des régions et un affront envers la Coalition pour le maintien des comtés en région, dit-elle. Les partis d’opposition tiennent un double discours, selon Mme Normandeau.


La chef du Parti Québécois, Pauline Marois, a répondu à la ministre Normandeau lors de l’investiture du candidat André Simard
Photo: Maurice Gagnon

Marois réagit

La vice-première ministre accusait la chef péquiste, Pauline Marois, d’associer maintenant son vote à une condition, soit que le gouvernement en vienne à une entente avec l’ADQ et Québec solidaire. Présente le même soir à l’investiture du candidat, André Simard, Mme Marois, a tenu un tout autre discours.

« La députation du Parti Québécois a voté pour le dépôt de la loi », a-t-elle déclaré, accusant la ministre Normandeau de faire de la désinformation. Elle a ajouté que son parti était en faveur de cette loi et voterait pour. Le lendemain, le député Bernard Drainville a affirmé lui aussi que les députés de son parti avaient appuyé le projet de loi.

Néanmoins, Pauline Marois croit que le premier ministre Jean Charest n’avait pas attaché toutes les ficelles avec les partis d’opposition avant de procéder au dépôt du projet de loi. « Quand on change la loi électorale, on va voir les partis d’opposition », a clamé la chef péquiste.


Gérald Beaulieu, en compagnie de la leader parlementaire de l’ADQ, Sylvie Roy, veut une solution durable, juste et équitable
Photo: Tommy Lavoie

Temps d’arrêt

De son côté, le candidat de l’ADQ, Gérald Beaulieu, se dit en faveur du maintien des circonscriptions électorales et solidaire de la coalition. Toutefois, dit-il, ce que veut son parti c’est « un temps d’arrêt pour trouver une solution durable, juste et équitable pour l’ensemble des régions. »

Selon M. Beaulieu, Jean Charest outrepasse ses droits en voulant suspendre les pouvoirs du DGE, « une institution indépendante. » Selon M. Beaulieu, les libéraux font un débat partisan de ce dossier. « Ils tentent de faire croire en l’urgence en imposant leur solution », dit-il.

M. Beaulieu soutient que le DGE n’agira pas avant la mi-juin 2011 de façon à laisser le processus parlementaire se dérouler. L’ADQ, ajoute M. Beaulieu, souhaite modifier la loi sur une base de consensus non partisane de façon à en arriver à une solution à long terme.

De passage à Saint-Pascal, lundi dernier, la leader parlementaire de l’ADQ, Sylvie Roy, a tenu le même discours. « Ce n’est pas aux députés de redessiner la carte électorale, a-t-elle mentionné, nous n’acceptons pas que les droits du DGE soient triturés par les parlementaires ». Elle réclame la mise en place d’un mode de scrutin proportionnel pour assurer une meilleure représentation de chaque citoyen.

La candidate libérale France Dionne croit que la représentativité des régions est un enjeu qui dépasse les allégeances politiques. « Gérald Beaulieu est-il capable de convaincre son chef? », se demande Mme Dionne.