Publicité

Place aux lecteurs: Le prix d’une élection

Maurice Duplessis donnait des réfrigérateurs aux gens pour gagner leurs votes, Jean Charest donne des trains. C’est dire la valeur d’un vote aujourd’hui, surtout dans une élection partielle.

La circonscription de Kamouraska-Témiscouata est présentement en pleine campagne électorale, opposant  les candidats officiels Gérald Beaulieu pour l’ADQ, André Simard pour le PQ et France Dionne pour le PLQ. Les trois candidats tenteront de combler le vide laissé par l’ancien ministre Claude Béchard, décédé il y a deux mois. Depuis ce triste événement, le gouvernement libéral fait pleuvoir les bonnes nouvelles sur la région. Le contrat de Bombardier avec la STM pour les wagons de train du métro a été signé à l’aide d’une loi spéciale, empêchant le recours en justice de la compagnie concurrente CAF.

Le projet de refonte de la carte électorale a été mis sur la glace jusqu’au mois de mars, laissant le temps aux faiseurs de lois de concocter une autre mouture de loi protégeant les régions.

Prises séparément, chacune de ces nouvelles en est une bonne pour la région. Là où je vois un problème, c’est dans le « timing » […]

Rien n’empêchait le gouvernement libéral d’agir avant dans ces dossiers ! Le contrat de bombardier traîne depuis 2006, et le DGE a remis son rapport de refonte à l’Assemblée nationale le 12 mars 2008. Cette pluie de bonbons n’est, tout compte fait, que de la poudre aux yeux pour gagner la confiance des électeurs locaux.

En clair, Jean Charest espère que la vue d’un visage familier suffira à convaincre le crayon des électeurs à cocher la bonne case une fois rendus dans les isoloirs de scrutin.

De plus, ces actes politiques subits sont la conséquence directe de la perte d’un homme politique respecté et aimé de la région. Si ce n’était de cette perte, on peut se demander si ces dossiers seraient réglés aujourd’hui.

Les gens de Kamouraska-Témiscouata ne sont pas dupes ! Nous n’oublions pas qu’un vote pour un candidat libéral, quel qu’il soit,  restera un vote pour les coups bas, le copinage, les lois bâillon, la vente des intérêts publics aux portefeuilles privés, et à l’aplaventrisme devant la Cour « Supprime » du Canada, surtout en ce qui a trait à la langue nationale.

Nous savons que le vrai pouvoir appartient aux habitants de ce magnifique pays. Nous savons que les gouvernements se font et se défont, mais que l’occupation du territoire est une affaire de générations et d’appartenance.

Nous savons que les villes dépendent de la campagne pour leurs produits agroalimentaires. Nous savons que la fierté ne s’achète pas.

Je sais quel sera mon choix, le 29 novembre prochain.

Pierre Marcotte
Saint-Pascal