SAINT-JEAN-PORT-JOLI – On résume souvent le mouvement patriote aux insurrections armées qu’il y a eu dans la région de Montréal en 1837-1838. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de patriotes sur la Côte-du-Sud. C’est ce que démontre l’historien Gaston Deschênes dans son plus récent livre Le mouvement patriote sur la Côte-du-Sud (Les cahiers d’histoire de la Société historique de la Côte-du-Sud).
Le mouvement patriote était un mouvement de revendications politiques mené par le Parti canadien de Louis-Joseph Papineau et ensuite par le Parti patriote, rappelle Gaston Deschênes. Les sud-côtois et leurs députés ont été favorables aux 92 résolutions. Des assemblées ont été organisées dans les comtés de Bellechasse, L’Islet et Kamouraska. « On voit que l’opinion publique dans la région était favorable », résume l’historien. D’autres assemblées se sont tenues dans le Bas-Canada à la suite du rejet des revendications par le gouvernement britannique. L’une d’elles a réuni des gens de Bellechasse et de L’Islet à Montmagny.
Kamouraska
M. Deschênes constate toutefois que le sentiment patriote n’était pas aussi évident dans Kamouraska où des leaders comme Charles-Euzèbe Casgrain et Amable Dionne n’étaient pas favorables à Papineau. « Le message patriote était moins bien reçu », selon l’historien. Toutefois, raconte Gaston Deschênes, les patriotes, Papineau en tête, ont été chaleureusement accueilli au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière en 1837. On a tiré du canon et donné congé aux élèves.
Calmes et pacifiques
Quand le mouvement patriote s’est transformé en rébellion armée dans la région de Montréal, ici, il n’y a pas eu d’insurrection, poursuit l’historien. Des lettres inédites ont permis de découvrir que le clergé a incité les gens à rester calmes et pacifiques. On a même facilité le passage des troupes britanniques du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse appelées en renfort. Une citation de l’abbé François Pilote dit que les sud-côtois sont demeurés fidèles et pacifiques « parce qu’ils n’ont point [eu] d’armes, ni de chef pour les conduire. » Ils partageaient tout de même les opinions des patriotes, selon M. Deschênes.
