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Marie-Claude Deschênes à la direction générale du Cégep de La Pocatière

LA POCATIÈRE — De l’enseignement à la direction des études, Marie-Claude Deschênes évolue au sein du Cégep de La Pocatière depuis plus de 25 ans. Actuellement à la direction générale par intérim pour une deuxième fois, elle succédera à M. Claude Harvey prochainement.

Q : Mme Deschênes, à partir du 6 août, vous serez dans le siège du conducteur pour les cinq prochaines années. De quelle façon envisagez-vous votre mandat?

R : Avec beaucoup d’optimisme. Je crois au potentiel du Cégep, à la valeur des gens qui le compose. Je le vois encore dans cinq ans en tête de liste des étudiants performants du réseau collégial. Mais, je reste aussi réaliste quant à la teneur des défis à relever, car ils sont grands.

Q : Quels sont ces défis?

R : L’un des plus importants, c’est le maintien de la clientèle étudiante. Le financement dans nos établissements est en fonction du nombre d’étudiants et notre région est fortement affectée par la baisse démographique. Pour maintenir nos services actuels, on n’a pas le choix de continuer à élargir notre recrutement à l’extérieur de nos frontières.

Q : La compétition entre les Cégeps est grande. Comment tirer son épingle du jeu?

R : Contrairement à ce qu’on pourrait penser, oui la compétition est là, mais la façon de tirer son épingle du jeu c’est en créant des alliances stratégiques. On le fait déjà. On travaille beaucoup avec les Cégeps de l’Est pour le recrutement international, notamment, mais aussi pour un projet de formation à distance qui est en préparation. Un autre élément, et ça, je crois que c’est notre marque de commerce, c’est la créativité. On innove beaucoup et on a une façon de faire les choses qui attirent beaucoup l’attention dans le réseau collégial.

Q : Le modèle collégial québécois est-il toujours pertinent?

R : Je le trouve plus pertinent que jamais. Ce qui ne veut pas dire qu’on n’a pas des choses à améliorer. C’est le seul modèle qui permet de déployer de l’enseignement supérieur sur tout le territoire québécois. Les universités ne sont pas partout, mais les Cégeps, eux, le sont.

Q : Le Cégep de La Pocatière a-t-il souffert des compressions gouvernementales des dernières années?

R : On a eu des coupes budgétaires successives. Mais ce qui nous a fait le plus mal, c’est l’instabilité des ressources financières, avec des coupures qui sont survenues en plein milieu d’année. Bien que notre surplus accumulé ait presque disparu, on va boucler l’année, normalement, sur une notre positive. On a réussi à mettre un frein aux difficultés.

Q : Plusieurs rêvent que l’ITA et le Cégep ne fassent qu’un. Où vous situez-vous dans ce dossier?

R : Depuis 2009, on plaide pour un éventuel modèle de rapprochement comme celui qui existe entre l’Institut maritime du Québec et le Cégep de Rimouski. Chacun conserve son identité, ses bâtiments, ses programmes, ses enseignants, mais au niveau de la gouvernance, c’est regroupé au sein d’une seule et même institution qui est le Cégep de Rimouski. Il y a déjà plusieurs rapprochements qui ont été faits, mais moi je rêve d’une seule et même gouvernance. Ensemble, on assurerait un bel avenir à l’enseignement supérieur à La Pocatière.

Q : On reproche à beaucoup d’employés du Cégep de ne plus habiter la région. À défaut de les obliger à rester dans le milieu, comment pouvons-nous les inciter à redevenir des moteurs de développement socio-économique dans la région?

R : Souvent, pour amener les gens à s’impliquer, il faut soi-même être impliqué. J’ai une équipe de direction et d’administrateurs très impliquée dans la région et on doit maintenir ça, sinon accentuer. Et en le faisant connaître davantage, qui sait, ça peut inciter les autres à vouloir s’impliquer à leur tour.