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Des aboiteaux à risque au Kamouraska

Les changements climatiques rendront certains aboiteaux vulnérables à l’augmentation du niveau du fleuve au Kamouraska, selon une étude menée par Ouranos, consortium sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques.

La MRC de Kamouraska avait été sollicitée par Ouranos pour étudier l’adaptation de l’agriculture en milieu côtier dans un contexte de changements climatiques. Le site retenu était celui de la Grande-Anse, de l’embouchure ouest de la rivière Ouelle à l’embouchure est de la rivière Saint-Jean.

« Le marais devant l’aboiteau se fait gruger par la mer dans ce secteur. S’il continue à s’éroder, avec l’augmentation du niveau de la mer et la fréquence récurrente des tempêtes, il risque de disparaître et d’affecter considérablement l’aboiteau », d’expliquer Valérie Labrecque, coordonnatrice du service de gestion intégrée de l’eau à la MRC de Kamouraska.

Même s’il s’agit du seul aboiteau étudier par Ouranos, Mme Labrecque estime que ces données peuvent s’appliquer à l’ensemble de la MRC.

Analyse coûts-avantages

Au-delà de la problématique ciblée, Ouranos a analysé quatre scénarios d’intervention différents dans son étude pour remédier au problème, en tenant compte de l’impact social, économique et environnemental.

Dans le secteur ciblé, Ouranos conclut qu’un recul partiel de l’aboiteau serait la solution à privilégier dans un horizon de quarante ans, considérant les coûts, l’environnement et l’impact sur les terres agricoles dans le secteur. Ce dernier, haut de 3,9 m devrait aussi être rehaussé à 5 m. Enfin, l’étude calcule même un bénéfice de 1,37 $ par dollar investi dans cette mesure. « Ça nous donne des pistes de réflexion sur cet aboiteau et les autres. On n’appliquera pas nécessairement à la lettre, mais on devra sérieusement y réfléchir », d’indiquer Valérie Labrecque.

Quelques statistiques

D’autres statistiques issues de cette étude viennent démontrer l’impact que les changements climatiques auront sur notre région. En effet, Ouranos estime qu’en 2055 les tempêtes susceptibles d’occasionner des dommages aux zones côtières kamouraskoises reviendront plus fréquemment, tous les cinq ans. À titre indicatif, la fréquence actuelle moyenne tourne autour de 35 ans, la dernière remontant à 2010.
De plus, Ouranos évalue que le niveau de l’eau augmentera de 20 cm dans les quarante prochaines années, à cette hauteur-ci du fleuve Saint-Laurent. « C’est fort possible qu’on fasse une présentation publique des conclusions de cette étude à l’automne, auprès des producteurs agricoles de la région », de conclure la coordonnatrice en gestion de l’eau.