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10 ans pour L’ami berger

Le parcours dans le monde agricole de Mathieu Perron et Marie-Christine Lalande est loin d’être un conte de fées, même si la fin est heureuse. Parsemé d’embûches et de petites victoires, il aura été marqué par le support des gens du milieu et de leurs proches, qui auront fait toute la différence.

10 ans après avoir démarré leur aventure agricole, les éleveurs d’agneaux de pâturages font le délice des consommateurs autant du restaurant du célèbre Hôtel Ritz de Montréal que des chaumières de la région. « Au départ, c’était un rêve dont Mathieu parlait souvent », se souvient Marie-Christine Lalande. Le couple issu d’un milieu plus « intello » demeurait à Montréal, mais a décidé d’adopter la région pour y vivre son idéal agricole.

La professeure au collégial et l’ethnologue ont ainsi loué un espace à Saint-Philippe-de-Néri pour démarrer leur petite production, après que Mathieu ait entamé ses cours à l’ITA. « C’est incroyable toute l’aide que l’on a pu avoir. On commençait dans le milieu, mais on voulait vraiment », de dire Mathieu Perron. Difficile de se l’expliquer, mais le duo, en affaires comme à la maison, croit que ses efforts soutenus et sincères ont attiré la sympathie.

Plusieurs tuiles

Deux enfants et plusieurs déménagements plus tard, le couple a songé plusieurs fois à tout laisser tomber. Différentes tuiles se sont abattues sur eux les premières années : finances précaires, soucis administratifs, déménagements forcés… Un jour, une microrafale a même emporté le toit de leur maison… c’est comme si l’on testait leur résistance à aller de l’avant.

Force est de constater que leur ténacité aura été payante, puisque L’ami berger célèbre sa première décennie avec une réputation enviable, particulièrement dans les grandes régions de Montréal et Québec.

Viande délicate

« On retrouve très peu d’élevage dans notre genre au Québec », souligne Marie-Christine. Les agneaux de leurs 150 brebis de races rustiques (Tunis et North Country Cheviot ne se nourrissent d’aucun grain et profitent d’une grande liberté dans les pâturages de 18 hectares. Ils sont abattus à l’âge de cinq mois. « Ça fait une viande meilleure, c’est éthique et écologique. Ça nous rejoint dans nos valeurs », rapporte Mathieu.

Plusieurs de leurs clients se sont réconciliés avec la viande d’agneau grâce à la saveur délicate et particulière de leur production. Qui plus est, le fait que Christian « Curieux » Bégin, leur voisin, en parle souvent à la télévision a attiré la curiosité des consommateurs.

Pour une question de gestion plus efficace et pour mieux servir ses clients de la ville, L’ami berger fera affaire cette année avec trois boucheries, dont une à Québec et une à Montréal. « Ce sera plus facile pour nous. » Dans la région, ses produits sont désormais disponibles au Jardin du Bedeau à Kamouraska.

Pour ses 10 ans, le couple, qui aime les défis, continuera de développer son troupeau et aimerait bien diversifier son élevage en y introduisant d’autres types d’animaux.