L’Épicerie Chez Daniel de Mont-Carmel s’attaque au gaspillage alimentaire depuis plus d’un an, en donnant des produits qui ont dépassé la date d’expiration.
C’est parce qu’elle désire sensibiliser les gens au gaspillage alimentaire, quitte à inspirer quelques supermarchés à emboîter le pas, que les deux propriétaires de l’Épicerie Chez Daniel, Karine Habel et Kathleen St-Jean, ont choisi de partager leur expérience. « C’est un fléau les dates d’expiration. Plusieurs des produits qui sont datés aujourd’hui ne l’étaient pas il y a 20 ans. Et le but de tout ça, c’est de nous forcer à en acheter encore plus. Donner les produits, au lieu de les jeter, c’est une façon pour nous de dénoncer ce système-là », d’indiquer Kathleen St-Jean. « Il faut aussi dire que la date d’expiration fait plutôt office de suggestion. Ça dit meilleur avant, pas mauvais après », d’ajouter Karine Habel.
Fruits, légumes, conserves, voilà quelques exemples de produits que Kathleen et Karine proposent dans un panier près de la sortie de leur épicerie avec une affiche où on peut lire « À donner ». « On regarde chacun des produits et si on juge que c’est encore consommable, on le donne, sauf la viande », de préciser Kathleen.
Clients reconnaissants
Initiative audacieuse, les deux propriétaires de l’Épicerie Chez Daniel n’ont pas peur de créer un précédent qui pourrait conduire leur clientèle à moins acheter chez eux. « S’ils venaient pour acheter des tomates et que nous on en donne, ils auront plus d’argent pour acheter d’autres produits dans notre épicerie », de déclarer Kathleen St-Jean.
En fait, c’est plutôt la reconnaissance de la clientèle qu’elles récoltent au passage, en plus d’en inspirer parmi eux à donner aux suivants. « La première fois qu’on a donné des fruits, c’était des bananes. Des p’tits gars sont arrivés et ils ont demandé si c’était réellement à donner. Je leur dis qu’ils pouvaient en prendre, mais dans laisser pour les autres aussi. Finalement, ils se sont mis à distribuer les bananes au porte-à-porte partout dans le village », de raconter Kathleen. « Ça rend les gens contents et ils demandent toujours avant de prendre, même si c’est clair que c’est à donner. Et nous, ça rejoint nos valeurs comme entrepreneures et celles de l’entreprise », de conclure Karine Habel.

