Publicité

Maîtriser l’art du dernier repos

Rien ne prédestinait Josée Bourgoin à devenir sculpteure et tourneuse de bois. Encore moins d’utiliser ces techniques pour confectionner des urnes funéraires. Mais étrangement, c’est à travers la mort qu’elle aura trouvé une nouvelle orientation à sa vie professionnelle.

Entrer dans l’atelier de Josée Bourgoin à Saint-André de Kamouraska, c’est faire une incursion dans un lieu plein de vie. L’odeur du bois y est omniprésente. L’entreprise se nomme Créations Vitalis, ce qui signifie générer la vie, en latin. Derrière sa démarche artistique se cache deux deuils, celui d’un premier bébé parti avant même de naître en 2005 et dont en résultera une première urne tournée avec son père, ébéniste, qui à son tour décédera quelques années plus tard, des suites du cancer. « Travailler avec le bois, c’est une façon de rendre hommage à la vie et ça donne un sens à ce que j’ai vécu », de confier l’artisane, qui dans une autre vie, travaillait en administration.

Approche différente

Si elle collabore avec les propriétaires de la Résidence funéraire Marius Pelletier à La Pocatière à l’occasion, dans l’ensemble, Josée Bourgoin travaille directement avec le client, sans intermédiaire. Cette indépendance lui apporte la liberté recherchée dans la création de ses urnes. « Les gens n’ont souvent pas d’idées de ce qu’ils veulent. Ils vont feuilleter mon portfolio pour s’inspirer, ou parfois ils auront de petites demandes spéciales. Dans tous les cas, je m’adapte. »

Pour la confection, elle utilise du bois récupéré localement, du bois flotté, ou celui que les clients lui apportent. « Ma démarche est sincère et imprégnée des nouvelles valeurs de la société que sont l’achat local et le développement durable. Je crois que c’est en partie ce qui explique l’intérêt des gens face au produit », mentionnait-elle.

Succès médiatique

Six ans après s’être lancée dans cette aventure, quelques médias se sont intéressés au travail de Josée Bourgoin. Mais c’est le reportage réalisé par la Fabrique culturelle de Télé-Québec, en août 2015, qui a tout changé. « Mon entreprise est passée de précaire à stable », précisait-elle.

Si elle se réjouit de cette visibilité, Josée Bourgoin ne cherche pas non plus à augmenter sa production outre mesure. « Pour le moment, mon marché est surtout au Québec et la demande respecte bien ma capacité de production. Ça me convient, car je veux que ma démarche reste artisanale et que chaque urne représente une opportunité pour moi de créer et d’expérimenter de nouvelles choses », concluait-elle.