L’année 2016 a marqué le centenaire de la Convention sur la protection des oiseaux migrateurs aux États-Unis et au Canada. Adoptée en 1916, cette convention fait suite à une longue série de démarches entreprises pour protéger la faune ailée de l’Amérique du Nord.
Au Québec, l’une des premières mesures visant à encadrer la chasse aux oiseaux de rivage est adoptée le 23 octobre 1803. Ce jour-là, une trentaine de chasseurs de la paroisse de Cap-Saint-Ignace se dotent d’un règlement leur permettant de ne chasser que deux jours par semaine sur les battures. Des chasses nocturnes et parfois aléatoires avaient pour conséquence d’éloigner le gibier et il fallait trouver une solution pour favoriser la pratique de la chasse.
Quelques décennies de chasse aléatoire sur les battures permettront aux habitants et aux sportsmen de profiter de l’abondance des oiseaux migrateurs. Mais en 1844, à la demande de plusieurs habitants de la Côte-du-Sud, le député du comté de L’Islet, Étienne-Paschal Taché, présente une pétition pour faire adopter une loi sur la préservation de certaines espèces d’oiseaux de rivage dans la région. Cette loi sera adoptée en 1844. (8 Vict Cap. 46-1844).
Pour faire suite aux précédentes démarches, La Loi pour préserver les oiseaux aquatiques dans le comté de L’Islet est également adoptée en 1846. (9— Vict. Cap 76-1846). Elle vise à limiter la chasse aux oiseaux de rivage. Après la messe, un officier est alors chargé d’annoncer que les chasseurs auront le droit de chasser les mardis et vendredis seulement entre le lever et le coucher du soleil huit jours après l’arrivée des oiseaux migrateurs. « Aucune personne ne chassera, prendra ou tuera, ni de détruira aucun pélican, oie sauvage, canard sauvage, cercelle (sarcelle), macreuse ou bécassine dans aucune place ou paroisse du comté de L’Islet ».
Les préoccupations liées à la protection des oiseaux migrateurs ne sont pas nouvelles. SI la chasse était parfois trop intensive au XIXe siècle, elle sera davantage encadrée au moment de l’adoption en 1916 de la Convention sur la protection des oiseaux migrateurs aux États-Unis et au Canada.
Par Yves Hébert.

