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Quand les bateaux-phares assuraient la sécurité du Saint-Laurent

Leur histoire est pratiquement ignorée. Pourtant, il fut un temps où, de la mi-avril au début de décembre, les bateaux-phares assuraient la sécurité sur le fleuve en aval de Québec. Prisonniers de ces bateaux immobiles, ancrés dans les eaux sournoises du Saint-Laurent, les hommes d’équipage signalaient par leur présence les pièges mortels.

L’histoire des bateaux-phares, utilisés de 1830 à 1963, vient de sortir de l’oubli dans un livre écrit par Jean Cloutier et Jean-Pierre Charest. Publié aux éditions Septentrion, Les Bateaux-phares du Saint-Laurent en aval de Québec, 1830-1963 est le fruit de six ans de recherches.

L’ouvrage dévoile un aspect fascinant de la vie à bord de ces bateaux, animé par de savoureux entretiens avec les derniers survivants des lightships. Très bien documenté, le livre est enrichi de centaines de photographies, de dessins et d’aquarelles.

Fils de marin et pilote, Jean Cloutier a gravi tous les échelons de la marine marchande jusqu’à l’obtention d’un certificat de capitaine au long cours.

Ces bateaux, explique-t-il lors d’un entretien téléphonique, étaient installés là où la technologie ne permettait pas encore de construire des phares. Ce sont les membres d’équipage qui allumaient la lumière. Les bateaux-phares étaient aussi munis de criards à brume.

Ces bateaux étaient installés là où la technologie ne permettait pas encore de construire des phares. Ce sont les membres d’équipage qui allumaient la lumière. Les bateaux-phares étaient aussi munis de criards à brume.

Jean Cloutier ajoute que ces bateaux ont été utilisés de 1830 jusqu’en 1963. Ils sont restés en poste après l’installation de bouées lumineuses.

La traverse Saint-Roch

Dans la région, deux bateaux-phares ont été utilisés dans la traverse Saint-Roch en face de Saint-Roch-des-Aulnaies.

Alors que la plupart des marins parcouraient les mers, ceux des bateaux-phares demeuraient toute la saison ancrés au milieu du fleuve. Ces bateaux réunissaient huit ou neuf membres d’équipage, provenant souvent de la même famille, raconte monsieur Cloutier.

Comment les hommes passaient-ils leur temps? Ils s’occupaient de la maintenance, gardaient la vapeur sous pression et allumaient la lampe. « Beaucoup d’artisanat se faisait là », dit-il. On fabriquait entre autres des lavettes à vaisselle qui était vendue une fois revenue à terre.

Les marins pouvaient aussi recevoir de la visite ou se déplacer en compagnie du capitaine pour aller chercher de la nourriture.

Il ne reste plus au Canada aucun de ces bateaux-phares, déplore le coauteur. Certains aux États-Unis ont été convertis en musée, dit-il.

Jean Cloutier conclut en disant que l’été prochain, une exposition sur les bateaux-phares se tiendra au Musée maritime du Québec de L’Islet.