Publicité

Le premier ministre doit destituer son ministre de l’agriculture

Deux ans et demi après son arrivée à l’agriculture, le ministre Pierre Paradis a été désavoué publiquement par le monde agricole lors du récent congrès annuel de l’UPA. Le lien de confiance est rompu. Du jamais vu! Il fallait voir l’ovation faite par les agriculteurs à son prédécesseur François Gendron, présent au congrès, contrastant avec leur réception hostile envers leur ministre de l’agriculture Pierre Paradis.

Les griefs envers le ministre Paradis, pourtant muni d’une vaste expérience politique, sont nombreux. Mais le plus grave est son attitude désinvolte, son absence et son mépris envers les agriculteurs et les agricultrices. Paradis semble se plaire dans la confrontation stérile, aime jouer à la politique partisane au lieu de faire son travail de défenseur des intérêts de tous les agriculteurs notamment de ceux et celles de la Côte-du-Sud.

Pierre Paradis s’est empressé de jeter à la poubelle la Politique de souveraineté alimentaire mise rapidement de l’avant par son prédécesseur François Gendron et qui avait été largement saluée. Au contraire, il persiste à vouloir consulter toujours et encore. Bref, ne rien faire et laisser aller les choses au détriment d’une mobilisation générale dans une vision partagée.

Philippe Couillard n’a plus le choix : il doit destituer son ministre de l’agriculture Pierre Paradis au plus vite. En le laissant en place, il cautionne son ministre à l’encontre du monde agricole québécois. On comprend maintenant mieux pourquoi Jean Charest avait laissé sur la banquette arrière le député Pierre Paradis pendant son règne. Mais de quoi le premier ministre pourrait-il bien craindre à le destituer? Les dégâts sont déjà plus que suffisants!

Est-ce que le député libéral de Côte-du-Sud, Norbert Morin, de même que le ministre libéral responsable de la région du Bas-Saint-Laurent, Jean D’Amour, sont fiers de leur collègue Pierre Paradis? Sont-ils d’accord avec la façon cavalière, voire quasi juvénile, du ministre de traiter ainsi les agriculteurs et les agricultrices de la région? Sont-ils prêts à réclamer son départ de l’agriculture? Sinon, ils cautionnent à leur tour le mépris du gouvernement libéral envers le monde agricole.

Norbert Morin dépassé

Deux ans après le dépôt au ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation Pierre Paradis d’un mémoire consensuel sur l’avenir de l’ITA rédigé par les élus du Kamouraska, rien ne va plus. En effet, sans nouvelle du ministre depuis tout ce temps, le député Norbert Morin faisait récemment une étonnante sortie publique pour annoncer sa décision de créer une société d’État pour le campus de La Pocatière comme le recommandait, dit-il, le rapport Pronovost en 2008. Rappelons que le rapport Pronovost n’a jamais évoqué une société d’État pour le seul campus de La Pocatière, mais pour les deux campus. Selon M. Morin, le ministre Paradis lui laisserait toute latitude pour décider du sort de l’ITA alors que le ministre est lui-même responsable de l’Institution. Pratiquement, ce dossier ne l’intéresse pas. Il s’en débarrasse de façon irresponsable. C’est méprisant et inacceptable pour le milieu.

Il a fallu une lettre des élus locaux au premier ministre pour faire bouger les choses et sortir le député Morin de sa léthargie. Sauf que son improvisation en la matière et sa façon de faire sont inquiétantes pour la suite. Les élus se sont rapidement dissociés des propos du député. La personnalisation de la proposition du cégep envers sa directrice générale dépasse l’entendement. Maintenant, le ministre Paradis ne parle plus de décision, mais d’écoute du milieu. Bref, le député Morin est complètement dépassé par le dossier de l’ITA.

Rappelons que Norbert Morin avait accusé le Parti québécois de vouloir secrètement fermer le campus de La Pocatière lors de la dernière campagne électorale en 2014. Personne n’avait gobé cette manœuvre ridicule. Deux ans et demi plus tard et malgré la mobilisation du milieu avec des propositions intéressantes pour l’avenir de l’ITA, Philippe Couillard, son ministre Paradis et le député Norbert Morin font preuve d’un mépris et d’une arrogance inexplicables envers la population du Kamouraska, les institutions d’enseignement supérieur et les élus locaux.

Michel Forget, président du Parti québécois Côte-du-Sud