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Taxes foncières : des impacts importants pour les agriculteurs

Les modifications annoncées pour 2017 au Programme de crédit de taxes foncières agricoles auront des impacts majeurs pour les agriculteurs. Pour plus de 80 % des entreprises agricoles, ces changements représenteront des hausses de 30 % à 40 %. Pour certaines, ils seront encore plus élevés.

Ces chiffres ont été dévoilés mardi dernier par l’Union des producteurs agricoles (UPA), Bas-Saint-Laurent. L’organisme réfute les données du ministre Paradis voulant que l’impact de la réforme se traduise par une hausse de 113 $ pour 1 % seulement des fermes au Québec.

La conférence de presse se tenait simultanément en vidéoconférence à La Pocatière et Rimouski. Des producteurs des deux régions ont été invités à chiffrer la hausse pour leur entreprise. Pour Denis Lévesque de Mont-Carmel, elle est de 46 %. Pour Rémi Hudon de Rivière-Ouelle, elle représente 36 %. Gilles Landry de Rivière-Ouelle subira une hausse de 40 %. Pour Jacques Dionne de Saint-Onésime, elle est de 56 %.

Vital Morin de Sainte-Hélène, dont le compte de taxes grimpera de 29 %, croit que le gouvernement a mal évalué les impacts de cette réforme pour les municipalités. « Des jeunes vont quitter la profession », craint-il. Même chose pour Claude Lavoie de Saint-Pascal qui subira une hausse de 23 %. « Ce qui me frustre, c’est que le gouvernement dit qu’il met des efforts pour vitaliser les régions, mais il fait tout ce qu’il peut pour détruire l’agriculture », dénonce ce producteur.

Les 27 dossiers vérifiés par l’Audit permettent d’estimer une perte de 1,5 M$ pour les producteurs du Bas-Saint-Laurent, selon l’UPA.

Devant cette situation, l’Union demande au gouvernement de reporter toute modification au programme afin de réunir les intervenants concernés pour trouver des solutions. « On a demandé l’appui des élus municipaux, de différents organismes et commerçants », a déclaré le président de l’UPA Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis. Quelques représentants étaient d’ailleurs présents à la conférence de presse.

« Comment peut-on assurer la vitalité de nos comtés sans l’agriculture », se demande le député péquiste de Matane, Pascal Bérubé, présent à Rimouski. Selon lui, le ministre Paradis n’écoute pas les agriculteurs. « Il faut regarder l’ensemble de la situation du monde agricole », dit-il.

Des moyens de pression seront envisagés. Ils ne sont pas décidés encore. Si rien n’est fait, selon l’UPA, le fardeau fiscal des entreprises agricoles aura doublé d’ici 2017.