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Pierre Caron l’ami du grand Simenonmaurice_gagnon20150404

Considéré par André Gide comme le plus grand romancier du XXe siècle, Georges Simenon est mort il y a 25 ans. Pour commémorer la mémoire du père du célèbre commissaire Maigret, Recto Verso publie le récit de Pierre Caron : Ma singulière amitié avec Simenon. 

Georges Simenon est allé surprendre Pierre Caron dans son bureau de Radisson, un village de la Baie de James, où il était directeur du journal En Grande. « La lettre était là… Dans la corbeille à courrier, noyée sous la paperasse des dernières semaines », écrit Pierre Caron au début du premier chapitre. Cette lettre estampillée de Suisse, qu’il ignorait encore être la réponse du célèbre écrivain, allait pourtant marquer le début d’une amitié. Pendant 11 ans, Pierre Caron et Georges Simenon ont entretenu une relation épistolaire. Au-delà d’une simple correspondance, il y avait cette singulière amitié qui amena même Simenon à confier un secret à Pierre Caron à l’occasion de l’une des visites qu’il lui rendit en Suisse.

Parcours d’écrivain

À travers les 275 pages de cet ouvrage, Pierre Caron nous parle de son amour pour la lecture depuis son enfance aux Trois-Saumons et de son parcours d’écrivain à travers le regard qu’il pose sur l’œuvre et sur le personnage de Simenon, se gardant bien de réinventer. On sent l’influence de Simenon dans sa décision de devenir écrivain. Aurait-il pris la plume sans lui ? Sûrement. Mais Simenon demeure tout de même celui qui a été le premier à poser un regard critique sur ses écrits et à l’encourager à poursuivre dans la voie de l’écriture. « Avec Simenon, écrit Pierre Caron, ce fut le sentiment soudain qu’on peut faire de la littérature avec la vie. Sans transition, sans adaptation. »

Découvrir Simenon

Avant d’aller le visiter chez lui, Pierre Caron est parti à la découverte de Simenon par ses romans, mais aussi en parcourant son monde réel et fictif dans les rues de la ville de Liège, en Belgique, où a grandi le petit Georges, et, dans le Paris du commissaire Maigret. Il s’est imprégné de l’univers simenonien. De ses ambiances. De ses odeurs. Puis, dans un récit rédigé avec le style du romancier, Pierre Caron nous révèle l’immense écrivain que fut Simenon, au-delà de sa renommée, de ses tragédies [le suicide, à 25 ans, de sa fille Marie-Jo], des extravagances et des mythes qu’on lui attribue. Il nous présente l’ami. L’homme simple qui quitta l’immense résidence de Épalinges pour vivre sa vie dans la petite maison rose de Lausanne. 

Pierre Caron partage avec nous la correspondance publiée intégralement pour la première fois. À l’heure des SMS, il nous renvoie à cette époque pas si lointaine où des semaines durant on attendait que le facteur vienne déposer à notre porte ce précieux objet, écrit par une personne chère, à la plume, sur une belle feuille de papier blanc, parfois ornée de motifs imprimés, qu’on appelait une lettre.