MONTMAGNY – Serge Belley est bien connu à Montmagny, entre autres comme organisateur des Rendez-vous Ononthio visant à faire connaitre la culture autochtone. Cet enseignant à la retraite est une mine d’or d’information pour tout ce qui concerne l’histoire de Nouvelle-France, la présence autochtone et l’histoire locale et régionale. En 2010, il a participé comme bénévole aux fouilles du presbytère de Pointe-à-Lacaille. Aujourd’hui, il imagine bien le Berceau de Montmagny être le lieu d’un projet lié à la mise en valeur de l’histoire et de l’archéologie.
« Dans mon projet, je vois un petit campement sauvage avec une tente de prospecteur, des tipis et des tables à pique-nique. Ce serait un endroit dévolu à la mise en valeur du patrimoine archéologique et historique, où l’on en apprendrait plus sur la présence amérindienne, les premiers colons et les familles souches de Montmagny », s’enthousiasme Serge Belley. Là-dessus, MM. Belley et Patrick Morency partagent à peu près les mêmes vues.
Ce projet de tourisme culturel pourrait être payant selon lui, car de nombreuses personnes et touristes s’intéressent au patrimoine et à l’histoire de la colonisation. Mais, il faut le reconnaitre, cette histoire est loin d’être connue de tous.
De nombreux Amérindiens
« On oublie qu’à Montmagny, il y a eu de nombreux Amérindiens. En 1747, 400 Malécites et quelques Micmacs furent déplacés de Saint-Michel-de-Bellechasse à Montmagny, sur les rives de la rivière du Sud. Ils avaient fui l’Acadie et les Anglais. Le gouverneur de la Nouvelle-France les plaça proche d’un point d’eau, et il se servait d’eux comme avant-poste, pour contrer les Anglais », de mentionner Serge Belley.
« C’était des gens très pauvres, qui vivaient dans les cabanes construites directement sur la terre. Il y avait beaucoup de racisme. Les Amérindiens vivaient à l’écart des Blancs. Un Blanc qui mariait une Amérindienne devait quitter le village. »
Pour M. Belley, il est important que cette histoire ne soit pas oubliée. Il souhaite que les jeunes soient initiés dès le primaire. « Il pourrait y avoir des classes vertes. On peut venir ici à pied, par le sentier en arrière du centre d’achats. Sur le chemin, il y a même la possibilité de faire de l’ornithologie et de la botanique. »
Ce serait aussi un lieu idéal pour honorer les familles souches de Montmagny, les Morin, Casault, Isabelle, Fournier, Proulx, Roussin, et bien d’autres. « Il y en a à travers l’Amérique du Nord de ce monde-là! Il y a en plusieurs qui viennent ici pour voir où leurs aïeux avaient pris racine. » (V.G.)
