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Place aux lecteurs: TransCanada PipeLines

Le 27 octobre dernier était invité par la Chambre de Commerce de Montmagny M.Philippe Cannon, porte-parole de TransCanada PipeLines pour entretenir son auditoire des bienfaits du projet d’oléoduc Énergie Est pour notre région.

Évidemment, il ne fallait pas être dupe et s’attendre à autre chose qu’un plaidoyer rutilant de sécurité, de bienfaits économiques et de respect de l’environnement pour ce projet. Questionné sur la protection de l’environnement et particulièrement sur la protection de l’habitat pouponnière de bélugas de Cacouna, M. Cannon a raté l’occasion d’une réponse responsable, ayant plutôt préféré attaquer les scientifiques et biologistes de ne dire que des demi-vérités pour ne pas dire des mensonges sur l’importance de cet habitat protégé pour une espèce en danger.

Notre conférencier a omis de mentionner que le projet Énergie Est n’avait pas reçu d’avis scientifique d’ensemble, ce qui a justifié une injonction de la Cour supérieure, que le passage sous-marin du fleuve à St-Augustin était des plus risqués par son envergure, que le dossier déposé à l’Office canadien de l’Énergie l’avait été en anglais seulement alors que le parcours de l’oléoduc aura 700 kilomètres au Québec.

M. Cannon a justifié le projet par le fait que le pétrole qui y circulera sera canadien, alors que le Canada achète actuellement en partie du pétrole saoudien, pays dont les politiques sont condamnables en regard du respect des droits de la personne. J’ai riposté que je reconnaissais le non-respect de ces droits de la personne par l’Arabie Saoudite, mais que le Canada avec le gouvernement actuel n’avait pas de leçon à donner avec ses coupures des budgets de recherche en environnement et son musellement général des scientifiques et particulièrement ceux de Pêches et Océans Canada. J’ai été ramené à l’ordre de ne pas aborder l’aspect politique du projet, ce qu’avait pourtant initié le conférencier.

En résumé, la conclusion fut que TransCanada a tout bien et que les empêcheurs ou objecteurs, scientifiques et biologistes ont tout mal. Je crois que ce projet n’a pas sa raison d’être parce qu’il est nuisible à l’environnement par son encouragement à une industrie polluante, d’autant plus que le territoire du Québec ne servira que d’urètre oléifère de l’Alberta.
TransCanada devrait davantage écouter et analyser plutôt que toujours répondre par la bouche de son Cannon.

Marc Boulanger
Notaire à Montmagny