SAINT-PASCAL/L’ISLET – « Vous pouvez m’attendre quelques minutes, je voudrais aller saluer les employés avant qu’ils partent », lance Marie-Claude Beaulieu au moment de quitter l’entreprise vendredi dernier. Le fabricant de meubles Amisco, de L’Islet, a acquis, la veille, Groupe Gibo de Saint-Pascal, spécialisée en sous-traitance de composantes de meubles.
Chez les employés, les sentiments sont partagés entre la tristesse et le soulagement. Malgré le départ de la famille Beaulieu, Amisco, qui était déjà le principal client de l’entreprise, gardera la quarantaine d’employés en poste à Saint-Pascal. Même le nom de Groupe Gibo survivra, dit le vice-président d’Amisco, Claude Poitras.
Bref, le quotidien de l’entreprise se poursuit, mais sous une nouvelle administration. Amisco compte également conserver les autres contrats exécutés par Gibo, dit-il.
« Groupe Gibo était menacée de fermeture. L’acquisition de Groupe Gibo, notre fournisseur en rembourrage et finition de bois, nous permet de consolider 140 emplois », ajoute Réjean Poitras, président et chef de la direction d’Amisco.
Situation difficile
Marie-Claude Beaulieu raconte que Groupe Gibo connaissait des difficultés financières à cause de la hausse du coût des matières premières et de la masse salariale, mais aussi à cause du contexte économique difficile dans le domaine du meuble.
Il y a cinq ans, Gilles Beaulieu, le fondateur de l’entreprise, mourrait dans l’usine d’un arrêt cardiaque. Son fils Martin a pris la relève. À la suite des décès successifs de Martin, en janvier, et de sa mère, en août, Marie-Claude Beaulieu a maintenu l’entreprise à flot. Cathy Simoneau, l’épouse de Martin, a aussi des parts. « Il y a eu des gens extraordinaires autour de Cathy et moi », insiste madame Beaulieu.
La suite
Nous aurions pu vendre en lots démantelés, mais mon plus grand souhait était de vendre l’entreprise en un seul morceau, de conserver tous les emplois et d’assurer la continuité, poursuit Marie-Claude Beaulieu.
Aussi, madame Beaulieu, qui a été travailleuse sociale pendant quinze ans et qui opère maintenant un institut en soins esthétiques à Québec, aurait dû relever l’entreprise, ce qu’elle ne voulait pas faire. « Mon père y a laissé sa peau, Martin aussi, j’ai choisi de sauver la mienne », dit-elle.
En croissance
Fondée en 1977 par M. Gilles Beaulieu, dans le sous-sol de sa maison, Groupe Gibo n’a cessé de croître. Depuis l’an 2000, l’entreprise est passée d’une superficie de 6 600 pieds carrés à 30 200 pieds carrés.
« Aujourd’hui, je ferme la boucle au nom de mon père, de mon frère et de ma mère », lance madame Beaulieu avec assurance. Avant de quitter, elle souligne la qualité de son équipe d’employés : « Je leur avais promis qu’on allait tout faire pour sauver leurs emplois. » C’est ce qui a été fait.
