D’où vient le nom de Saint-Jean-Port-Joli? Pour découvrir l’origine toponymique de la capitale de l’artisanat, il faut plonger dans l’histoire du régime seigneurial, au temps de la seigneurie de Port-Joly.
Le 25 mai 1677, Noël Langlois dit Traversy se fait concéder une seigneurie par le gouverneur de la Nouvelle-France Louis de Buade, comte de Frontenac. Désignée parfois sous les noms de Langlois, Traversy et Trois-Saumons, cette seigneurie prend le nom de Port-Joly vers le début des années 1700. Noël Langlois fait entreprendre quelques défrichements, mais en 1686, il cède la seigneurie à Charles Aubert de La Chesnaye afin de payer une dette contractée envers ce marchand.
Charles-Aubert de la Chesnaye est un marchand important de Québec qui en 1670 se fait concéder la seigneurie de Percé pour y construire un port. Il acquiert la seigneurie de Kamouraska en 1680. Ayant exploité le potentiel en pêcheries et ressources forestières de ses autres seigneuries, il porte une plus grande attention à la seigneurie de Port-Joly à partir de 1701. La Chesnaye a peut-être bien contribué à donner le nom de Port Joly à sa seigneurie. Après son décès en 1702, elle est acquise par Pierre Aubert de Gaspé. Elle passera aux mains de plusieurs seigneurs jusqu’en 1854, mais c’est la famille Aubert de Gaspé qui la conserve le plus longtemps.
L’appellation Port-Joly est officialisée le 20 septembre 1721, lors de l’érection canonique de la paroisse qui prend le nom de Saint-Jean-Port-Joly. Dans les documents officiels, on la désigne parfois sous les noms de Saint-Jean, Saint-Jean-Port-Joly ou Saint-Jean-Baptiste de Port Joly. Dans les documents notariés des années 1700, on écrivait parfois qu’une personne venait de Port-Joly paroisse Saint-Jean. Rappelons qu’en 1845, la municipalité portait le nom de Port-Joly. Ce nom sera changé en 1855 pour municipalité de paroisse de Saint-Jean-Port-Joli.
Par Yves Hébert.

