Publicité

Comment favoriser le jeu libre dans nos municipalités?

Les municipalités peuvent-elles faire leur part pour favoriser le jeu libre chez les enfants? Un professeur de l’Université du Québec à Trois-Rivières est venu entretenir les représentants municipaux de la région, entre autres, à ce sujet.

Mathieu Point veut lancer quelques pistes de réflexion sur le sujet. De plus en plus, les jeux des enfants sont structurés et les lieux extrêmement encadrés. Pourtant, selon les recherches, un enfant se développe mieux en jouant librement. Les parents, les écoles et les services de garde ont un rôle à jouer, mais aussi les municipalités.

« Ça commence par l’environnement. Un milieu plus naturel que les traditionnels modules de jeux où l’on place beaucoup de paillis est plus propice à l’apprentissage. Habituellement, nos parcs sont conçus pour que les enfants ne se blessent pas, plutôt que pour explorer », indique M. Point.

Il cite en exemple une initiative à New York où un espace, un parc, est réservé à l’usage des enfants où des adultes sont disponibles, mais qu’ils ne sont pas là pour diriger le jeu des jeunes. « Il faut laisser l’enfant prendre des risques pour l’aider à évaluer ses capacités. Actuellement, l’enfant ne peut pas choisir où il veut grimper ».

Jouer dehors

Le rôle des municipalités a certaines limites, mais il peut commencer par délimiter des espaces de jeu plus naturels. Il faut aussi impliquer les parents dans des comités et même demander aux enfants d’intervenir. « C’est un discours un peu à contre-courant de ce qu’on entend habituellement, mais c’est conforme à partir des données des recherches sur le sujet », ajoute le professeur. Il indique qu’il faut favoriser les initiatives qui aident les enfants à retourner jouer dehors. À titre d’exemple, Belœil a réautorisé les jeux libres dans la rue, précise Mathieu Point. « Ça peut aussi être des panneaux qui favorisent la circulation sécuritaire des jeunes qui jouent dehors ou diminuer la vitesse dans une rue. C’est l’affaire de tout le monde ». Le professeur aborde aussi les coffres à jouets, une initiative qui a été d’ailleurs réalisée dans la région du Kamouraska cet été.