L’ISLET- Dans le contexte actuel de l’exploitation pétrolière et de ses enjeux socio-économiques, deux étudiantes en biologie de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), Marie-Anne Viau et Audrey Lauzon ont présenté les résultats de leur recherche sur le projet Énergie Est. Les quelque 30 personnes présentes le 27 avril dernier dans la salle de conférence du Café bistro Au coin du monde de Montmagny ont pu enrichir leurs connaissances et participer à une discussion.
Selon les conférencières, peu de profits sont à prévoir pour le Québec, alors que de nombreux risques s’additionneraient. Le tracé proposé traverserait le fleuve Saint-Laurent et 641 cours d’eau (la rivière du Sud, le bras Nicolas, la rivière Trois-Saumons…) dont plusieurs sont source d’eau potable. Des risques concrets également pour plusieurs hectares de zones terrestres « sensibles », 2100 ha de terres agricoles, 1900 ha de forêts, 108 hectares de terres humides, des cultures maraîchères et des productions de certification bio.
L’industrie touristique qui fait vivre un grand nombre de citoyens dans la MRC de Montmagny-l’Islet pourrait être grandement affectée par les fuites fréquentes des oléoducs et des déversements tragiques. De plus, plusieurs territoires québécois particulièrement fragiles pourraient être mis en danger par le passage de l’oléoduc Énergie Est de TransCanada: la Réserve mondiale de la biosphère de l’UNESCO du Lac Saint-Pierre (Site Ramsar), le Parc marin du Saguenay ainsi que les Parcs nationaux du Bic et d’Oka, etc.
Selon cette étude réalisée en collaboration avec Luc Sirois, professeur de l’UQAR, les pertes de services environnementaux rendus aux humains gratuitement par les écosystèmes ex.les abeilles dans les pommeraies, les terres humides pour la préservation des forêts, etc., pourraient s’élever annuellement à 16 millions de dollars au Québec.
Le projet de transport du pétrole par l’oléoduc Énergie Est, produirait des émissions supplémentaires de 30 à 32 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) par année, et ce sans compter les GES émis par l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta. Notons que le Canada ne parvient déjà pas à atteindre les objectifs de réduction qu’il s’était fixés il y a plus de quinze ans.
En conclusion, selon la recherche réalisée par les étudiantes de l’UQAR, les bénéfices attendus du projet Énergie Est reviendraient essentiellement aux pétrolières, alors que les populations pourraient hériter pour des générations de risques et coûts astronomiques.
Cette activité était organisée par le comité de citoyens STOP oléoduc Montmagny-L’Islet.
