Native de Saint-Gabriel, Édith Lévesque est la première femme à avoir obtenu sa licence de pilote professionnel, à Rivière-du-Loup. Ça ne s’arrête pas là. Elle compte aller plus loin dans sa formation. Comme le veut l’expression consacrée : sky is the limit…
Piloter n’était pas un rêve d’enfant pour elle. Édith se souvient tout de même de la première fois où elle a pris l’avion à 12 ans en compagnie de ses parents. Ils se rendaient en Haïti visiter sa sœur religieuse.
Édith a rencontré Martin Hivon – celui qui allait devenir son conjoint – dans les forces d’infanterie avec les Fusilliers du Saint-Laurent. Lorsqu’il s’est enrôlé comme pilote de F-18 pour l’Aviation royale canadienne, elle l’a accompagné dans l’Ouest.
Voler n’est pas encore pour elle une passion. Cela viendra plus tard. Quand son fils, Tristan, lui aussi pilote, lui lance en 2013 le défi de suivre son cours de pilotage.
Femme de défis, Édith Lévesque accepte de le relever et passe en quelques mois – du printemps à l’automne — sa licence de pilote privé. « Au début, j’avais un peu le mal de l’air. Quand on me laissait prendre les commandes, ça se passait », raconte-t-elle en souriant.
Deux ans de formation
Mme Lévesque fait sa qualification de nuit et consacre les deux années suivantes à sa formation de pilote professionnel. « J’aimais emporter des gens avec moi, leur faire vivre ce que je ressentais », dit-elle. Une licence commerciale lui permettra de transporter des passagers pour des compagnies. Il y a aussi la manière de piloter qui est différente. « Il faut être doux sur les commandes et garder l’appareil plus stable. »
Édith Lévesque évalue avoir à son actif 330 heures de vol, une moyenne de 125 heures par année.
Outre l’aviation, Mme Lévesque travaille comme superviseure services aux équipiers pour l’entreprise Premier Tech de Rivière-du-Loup.
D’autres défis
Derrière les larges fenêtres de l’aéroport, on aperçoit quelques avions au sol. Un petit appareil jaune survole la piste. Près des hangars se trouvent les deux avions sur lesquels Édith Lévesque a passé sa licence professionnelle sur des appareils monomoteurs. Elle fera une formation à l’automne pour des appareils multimoteurs et pour le vol aux instruments, ce qui lui permettra de piloter des modèles plus gros.
Obtenir une qualification de pilote professionnel est plutôt exceptionnel pour une femme. Ce métier n’attire que très peu d’entre elles. Selon Mme Lévesque, on compte seulement 5 % de femmes parmi les pilotes. « C’est peut-être le côté mécanique qui leur fait peur, pourtant ce n’est pas ce qui domine », jure-t-elle.
Une histoire de famille
Édith Lévesque est, après son conjoint, Martin Hivon, qui est aussi son instructeur, et leur fils, Tristan, 21 ans, la 3e personne de la famille à obtenir sa licence de pilote professionnel. Leur fille Alyson, 18 ans, aimerait de son côté être agente de bord.
M. Hivon est président d’Aviation MH, spécialisée dans la voltige aérienne, et gestionnaire de l’aéroport de Rivière-du-Loup.
Au moment de prendre la photo de Mme Lévesque près de son avion, Martin Hivon se lance sur la piste aux commandes de son appareil de démonstration aérienne. Une pratique en vue d’un spectacle qu’il présentera à Miramichi, au Nouveau-Brunswick, les 20 et 21 août. Il prend de l’altitude et effectue ses acrobaties dans le ciel bleu parsemé de quelques nuages.
Habituée, Édith ne porte plus attention à ce petit avion blanc orné de lettres orangées et de trains d’atterrissage jaunes qui virevolte au-dessus d’elle. Il vole à l’envers, pique brusquement vers le sol et se redresse pour prendre de l’altitude. Édith remet ses lunettes fumées et marche vers le bâtiment d’accueil.

