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Élections américaines : chronique d’une défaite annoncée pour le Parti républicain

Depuis des mois, la campagne électorale américaine bat son plein. Cette élection se démarque par le fait que les deux candidats principaux sont perçus négativement par la population. 

Une autre remarque peut être faite sur la longueur de la campagne. Officiellement, le processus électoral a débuté en janvier 2016. Or, dès mars 2015, un premier candidat républicain, Ted Cruz, annonçait son intention de briguer l’investiture. Quant à Donald Trump, il entrait dans la course en juin 2015. Ces candidatures hâtives ont prolongé indûment la durée de cette élection.

Le Parti républicain devra se questionner sur le nombre de candidats qui se sont présentés à cette course : 17. C’est beaucoup trop. Aucun des candidats n’a réussi à se démarquer, si ce n’est Donald Trump. D’ailleurs, si Trump peut savourer une victoire, c’est bien celle-ci : concernant la couverture médiatique globale des candidats républicains lors des primaires, il en a obtenu 75 % à lui seul, laissant des miettes aux 16 autres prétendants.

Les lendemains de l’élection seront douloureux pour le Parti républicain. Une remise en question de son association avec le mouvement libertarien Tea Party est prioritaire. Cet allié lui nuit davantage qu’il l’aide. Le Parti républicain doit reconquérir la classe moyenne. C’est possible, à condition de revenir à des positions consensuelles, plus ouvertes sur les groupes hispaniques et afro-américains qui, d’ici 15 ans, représenteront une clientèle incontournable pour quiconque voudra devenir président.

Hillary

Côté démocrate, après quelques hésitations, les partisans sont revenus au bercail. L’appui de Bernie Sanders à Hillary Clinton a évité une crise interne au parti. Hillary Clinton ne fera jamais l’unanimité dans la population ni dans son propre parti. Cependant, son adversaire républicain s’est disqualifié lui-même pour réellement la déstabiliser. La Maison-Blanche sera de nouveau la résidence de Mme Clinton. Cette fois, ce sera comme présidente.

Le vrai test d’Hillary Clinton débutera avec son arrivée au pouvoir. Elle aura à se dépêtrer des accusations en lien avec ses courriels gouvernementaux reçus dans sa boîte privée et ses relations privilégiées avec certains journalistes. En temps normal, ces sujets auraient écorché sa campagne. Mais, ils sont passés sous le radar, dû aux controverses de Trump qui ont occupé l’intérêt journalistique.

Grands Électeurs

Lors du dévoilement des résultats présidentiels, je vous invite à jeter un coup d’œil sur le nombre de Grands Électeurs obtenus par chaque candidat. Cet élément confirmera l’élection du prochain président. Le chiffre magique pour être couronné président est de 270 Grands Électeurs. Il y en a 538 à répartir. Comment les obtient-on? Plus un État est populeux, plus il y aura de Grands Électeurs en jeu. La Californie en compte 55 et l’Alaska trois. Nous devons nous concentrer sur le résultat électoral État par État. Dès qu’un État vote en faveur d’un candidat, ne serait-ce que par une voix, ce candidat obtient tous les Grands Électeurs disponibles dans cet État (d’où la fameuse expression Winner-Takes-All), sauf pour le Maine et le Nebraska, qui procèdent par district et puis, pour l’ensemble de l’État (Congressional district method).

Enfin, dernière chose à surveiller : Barack Obama a dû composer avec un parlement républicain depuis les législatives de 2014. En effet, tant à la Chambre des représentants qu’au Sénat, le Parti républicain détenait la majorité. Lors de l’élection du 8 novembre, les 435 représentants et 34 des 100 sénateurs seront en élection. Au-delà de conserver le pouvoir exécutif, le défi, pour le Parti démocrate, réside dans sa capacité à reprendre le contrôle d’une des deux Chambres. Le Sénat semble davantage à sa portée que la Chambre des Représentants.

Qui sera Président? Le Congrès sera-t-il républicain ou démocrate? Nous aurons une réponse à ces questions le mardi 8 novembre.

Par Éric Ouellet.