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Fermeture de l’urgence : la résistance s’organise

SAINT-JEAN-PORT-JOLI — Un groupe de pression s’oppose à une éventuelle fermeture du service d’urgence du CLSC de Saint-Jean-Port-Joli, le dernier du comté de L’Islet. Ainsi, les patients, même ceux de L’Islet-Sud, devraient se rendre jusqu’à Montmagny ou La Pocatière.

Le service d’urgence a démontré son efficacité et répond à un besoin, note l’infirmière Myriam Deschênes. Récemment, deux personnes qui faisaient un infarctus ont été sauvées parce qu’ils ont reçu des soins d’urgence à Saint-Jean-Port-Joli, dit-elle. Au moins dans un cas, l’homme n’aurait pas pu se rendre jusqu’à Montmagny sans être passé par l’urgence du CLSC.

L’Islet-Sud compte sur son territoire des entreprises où des accidents de travail peuvent se produire, note, inquiet, un travailleur de cette région, Alphée Saint-Pierre. « Ça n’a pas de sens de fermer l’urgence », dit-il. « Saint-Jean-Port-Joli est une région touristique », ajoute Mme Deschênes.

Un recul

« On dit qu’on veut que les personnes âgées demeurent à la maison, mais on nous enlève nos services de santé », lance Mme Solange Bérubé. Elle ajoute qu’une telle décision va augmenter les transports ambulanciers en direction de La Pocatière et Montmagny. « C’est un recul », dit-elle.

Le groupe de pression s’est formé à la suite des rumeurs de fermeture qui ont circulé et aux consultations menées au cours des dernières semaines. Il est présidé par Manon Leclerc et coordonné par Guy Drouin. Les responsables entendent « concerter les efforts de tous ceux qui ont l’intention de s’opposer à la fermeture de l’urgence de Saint-Jean-Port-Joli. »

La position du CSSS

Responsable des communications, Mireille Gaudreau dit que les différentes consultations qui ont été faites ont pour objectif d’amener les solutions qui conviendront aux besoins. La distance qui touche notamment les résidants de L’Islet-Sud sera, ajoute-t-elle, un élément qui sera pris en considération. La direction générale du CSSS Montmagny-L’Islet préparera un plan d’action qui devrait entrer en fonction en septembre 2011.

Mme Gaudreau explique que le Centre de santé est aux prises avec un problème de pénurie de médecins, ce qui fait que l’urgence fonctionne présentement à 45 % avec l’équipe actuelle. Des trous dans l’offre de services le soir et la nuit ont amené l’Agence régionale à diriger les ambulances vers d’autres centres hospitaliers, dit-elle. « Cela ne relève pas du CSSS », précise la porte-parole.

L’utilisation de médecins dépanneurs permet de combler le service, mais leur présence qui fait l’objet d’une demande annuelle n’est jamais assurée, selon Mme Gaudreau. Le fait que des médecins prendront leur retraite et que d’autres, âgés de 50 ans, n’auront plus l’obligation de faire de l’urgence amène le CSSS à se questionner sur la façon de dispenser ses services. Autrement, dit-elle, c’est le ministre qui va le faire.

Moyens de pression

Des moyens de pression seront mis en place par le groupe Ici Montmagny-L’Islet au cours des prochaines semaines, confirme M. Drouin. Des demandes d’appui seront soumises aux décideurs de la MRC de L’Islet. Un groupe Facebook a été créé sous le nom Sauvons l’urgence du comté de L’Islet. Les gens peuvent aussi communiquer avec les responsables du comité à l’adresse courriel : sos.urgence.lislet@gmail.com ou 1 888 214-3737 poste 115.

Selon Manon Leclerc, il est inadmissible, voire insensé de prétendre avoir l’intention de développer une région et du même coup, de fermer ses services essentiels comme l’urgence. » Pour elle, ce n’est pas à la population à trouver des solutions à des problèmes administratifs « quand on nous affirme que ce n’est pas une question d’argent. » En fin de compte, ce sera à la population de juger de la compétence des administrateurs si les résultats ne conviennent pas, dit-elle.