Avec cinq albums en poche et quelques succès radiophoniques derrière la cravate, Ian Kelly semble avoir atteint la maturité artistique et professionnelle que tout artiste recherche. Samedi prochain, c’est un artiste transpirant de liberté qui montera sur la scène du Théâtre des Prés de Saint-Germain.
S’entretenir avec Ian Kelly, c’est sortir du cadre traditionnel de l’entrevue. Passionné, il parle de sa musique, de ses spectacles, de la réalité des artistes d’aujourd’hui, de la radio, et cela, sans censure. « Je trouve excitante l’époque dans laquelle on vit. On choisit ce qu’on veut écouter. Je ne veux rien enlever à la radio, mais ce n’est plus la seule façon de découvrir de nouveaux artistes », de raconter celui qui a pourtant joui à l’occasion d’une belle visibilité radiophonique. « J’ai souvent tourné à la radio, surtout dans les radios régionales. Mais dans mon cas, le bouche-à-oreille a toujours été plus bénéfique que n’importe quel autre moyen de promotion », ajoutera-t-il.
Faisant bonne figure sur plusieurs palmarès radiophoniques au Québec avec son plus récent succès Montréal, Ian Kelly n’a pas l’intention de changer sa façon de faire pour autant. « C’est difficile de faire quelque chose en fonction de la radio. Tant mieux si on y joue, mais moi, ce n’est pas ce qui fait que mes salles sont pleines », indiquera-t-il.
Chanter en français
Habitué de composer en anglais, Ian Kelly mentionnera y apprécier davantage le mariage entre les mots et la musique. Malgré tout, quelques chansons françaises auront tout de même ponctué sa carrière au fil des ans. « J’ai toujours écrit en français, c’est juste que ça ne s’est pas toujours rendu sur le disque », confiera-t-il.
Pour arriver à deux chansons françaises sur son dernier album SuperFolk, Ian Kelly en a composé une vingtaine. Et parmi celles qui ont été retenues, dont le premier extrait Montréal, il déclarera les avoir composées partiellement en anglais avant de les adapter en français. Il avouera également ne pas toujours apprécier le résultat final. « Sur mon album Speak Your Mind, j’avais une chanson en français que je me suis laissé convaincre de placer sur le disque. Après coup, ça reste la chanson dont je suis le moins fier de l’album. »
Seul sur scène
Après plusieurs tournées accompagnées de musiciens, c’est en solo que Ian Kelly investit les scènes de l’Est-du-Québec, cet été. « Je le fais par choix. Je suis un peu timide de nature et là, je suis plus à l’aise. Je me sentais prêt à ça. »
De plus, il précisera que son dernier album SuperFolk, dont il présentera pratiquement l’ensemble des chansons, se prêtent bien à pareil spectacle. « C’est des compositions qui demandent très peu d’orchestration. Ça se fait bien tout seul », conclura-t-il.

