Choisir les régions n’est pas naturel pour les gens qui immigrent au Québec. Réussite pour certains, échec pour d’autres, le parcours diffère pour ceux qui ont osé. Comment un immigrant peut-il réussir à s’intégrer dans notre milieu?
La langue maternelle de Julie-Christine Helas est le français. Elle vient d’un pays occidental, la Belgique, où la dualité linguistique fait partie intégrante du débat politique, comme au Canada. C’est pourquoi elle reconnaît volontiers que l’intégration n’a pas été très difficile de son côté. « Je dirais que mon tempérament belge rime bien avec celui des Québécois.
On ne fait pas trop de chichi, nous sommes de bons vivants et il y a beaucoup de respect mutuel entre les gens. »
C’est plutôt les petites habitudes du quotidien, comme l’heure des repas, et l’éternel accent qui auront nécessité une adaptation rapide. « Mon vieil accent belge, avec nos expressions qui sont parfois empruntées du néerlandais (deuxième langue parlée en Belgique), n’est pas familier à l’oreille québécoise. Ça m’a forcé à apprendre rapidement les expressions d’ici », racontait-elle en riant.
S’impliquer
Pour Mino Adjin, l’intégration à la communauté pocatoise s’est effectuée en douceur. Passionné de soccer, ce sport a été sa porte d’entrée pour tisser des liens avec les gens du coin. « Très tôt, j’ai voulu donner un coup de main comme bénévole. Maintenant, je suis entraîneur pour la Ville de La Pocatière, l’été, et pour l’équipe du Cégep durant l’année scolaire », de préciser celui qui siège également sur de nombreux conseils d’administration, en plus d’être pompier volontaire.
Dix ans après son arrivée, Mino avoue aujourd’hui se sentir comme quelqu’un de la région. « C’est comme si pour les gens d’ici, j’avais toujours été là. C’est ce que je sens et c’est ce que je vois aussi dans leur regard. On est passé au-delà de mes origines depuis longtemps », précisait-il.
Être accompagné
Installée à La Pocatière depuis peu, Carmen Rivera dit avoir trouvé l’intégration plus facile à Montréal. « Il y a plus d’associations pour aider et des écoles de francisation. En région, cet accompagnement est plus difficile. »
De plus, elle ne cache pas que la présence de petites communautés d’immigrants peut être rassurante au départ. « Mes amis mexicains à Montréal, on était comme une petite famille. C’est agréable, mais ce n’est pas l’idéal quand tu veux apprendre la langue et t’imprégner de la culture de ton pays d’accueil. »
Sinon, elle reconnaissait qu’être en couple avec un Québécois « de souche » lui a facilité les choses, par moment.
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