Au moment où le Québec se questionne sur sa capacité d’accueil en matière d’immigration, Le Placoteux a voulu vérifier les raisons qui poussent les immigrants à s’établir dans notre région, alors que la majorité a plutôt tendance à s’établir en ville. Trois Kamouraskois d’adoption ont accepté de témoigner de leur réalité depuis leur arrivée en région.
Carmen Rivera habite La Pocatière depuis plus d’un an. Originaire de Taxco, à environ 160 km au sud de Mexico, au Mexique, c’est un peu par hasard qu’elle s’est retrouvée au Canada. « Au départ, le but n’était pas de quitter mon pays, mais seulement d’aller améliorer mon anglais. Je regardais pour aller aux États-Unis, mais c’était un peu plus compliqué. Finalement, je me suis retrouvée en Ontario à travailler comme fille au père (nounou) », de confier la jeune femme, au pays depuis 2008.
Neuf mois plus tard, un ami établi à Montréal l’amènera à s’installer au Québec. Elle n’en est jamais repartie depuis. « J’y ai rencontré mon conjoint en 2012, un Québécois, et nous avons eu deux enfants. »
Lorsque ce dernier a obtenu un emploi à La Pocatière, Carmen l’a rejoint là-bas, quelques mois plus tard. « Immigrer quand tu es seule, c’est angoissant. Mais quand tu es en couple, c’est plus facile. On peut compter l’un sur l’autre », confiait-elle.
Suivre son amoureux
Julie-Christine Helas vient de Nassogne en Wallonie, la région francophone de la Belgique. Lorsqu’elle habitait encore son pays d’origine, elle y a fait la connaissance de son futur conjoint, un Québécois. « On a vécu ensemble, là-bas, en se demandant lequel des deux allait faire le saut. Alexandre n’a pas réussi. Finalement, c’est moi qui ai déménagé au Canada », d’expliquer celle qui est arrivée à Trois-Rivières en 2011.
Un an plus tard, elle et son conjoint choisiront de s’installer au Kamouraska. « J’avais abandonné beaucoup en rejoignant mon conjoint ici et on trouvait important, pour notre couple, que lui aussi vive un déracinement. »
Malgré le bonheur rencontré dans leur vie en région, Julie-Christine avoue avoir ressenti de l’inquiétude par moment. « J’étais dans l’attente de ma résidence permanente. Mais pendant ce temps-là, on s’est marié, on s’est fait de nouveaux amis, on s’est acheté une maison, j’ai décroché un emploi. Essuyé un refus, c’était laissé tout ça derrière moi, toute la vie qu’on s’était construite ici », expliquait-elle.
Les études
Originaire de Lomé, la capitale du Togo, en Afrique de l’Ouest, Mino Adjin est arrivé à Québec en 2005 en vue de décrocher un diplôme universitaire de deuxième cycle en développement rural, à l’Université Laval. Seul au départ, Mino ne projetait pas s’installer à long terme, sa femme et son fils étant toujours au Togo. Un stage à La Pocatière en 2006, qui se transformera en emploi à l’ancienne UPA de la Côte-du-Sud, le fera revenir sur sa décision.
Dans les cinq années qui suivront, il travaillera à faire venir sa famille au pays. « C’est ce qui a été le plus difficile. Quand tu décides de les faire venir, tu sais quand ça commence, mais tu ne sais jamais quand ça finit. Si c’était à refaire, on partirait tous ensemble », racontait-il.
Néanmoins, Mino Adjin ne regrette pas son parcours. « Immigrer pour moi, c’était découvrir autre chose. Ma culture je la connais et je sais d’où je viens. Les barrières et les contraintes peuvent être là, mais il faut savoir aller au-delà. Parce que si ce n’est pas toujours facile, en général, c’est toujours positif. »
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