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Immigrer, s’intégrer, travailler en région : trouver du boulot

Les entreprises de la région sont à la recherche de main-d’œuvre. Pour répondre à la demande, le député fédéral de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, Bernard Généreux, veut recruter les immigrants sans emploi à Toronto et Montréal, et les amener dans la région. Est-ce aussi facile?

UPA de la Côte-du-Sud, Groope Coopératif Dynaco et aujourd’hui chez Sun Life, Mino Adjin n’a jamais manqué de travail depuis qu’il s’est installé à La Pocatière. « Quand je faisais mon stage à l’UPA, j’ai fait mes preuves et ils m’ont offert un emploi après. Le travail, c’est le nerf de la guerre. Quand il est là, tout devient plus simple. C’est la clé pour garder les immigrants en région », disait-il.

Pourtant, nombreux sont ceux qui préféreront rester en ville plutôt que de se rendre en région, et cela, même si de nombreuses entreprises disent être à la recherche de main-d’œuvre. Et même s’ils trouvent du travail ici, rien ne garantit qu’ils resteront à long terme. « C’est pourquoi il faut trouver les créneaux dans lesquels les gens sont en mesure d’évoluer », d’ajouter Mino Adjin.

Être entrepreneur

Enseignante en espagnol dans son pays, Carmen Rivera n’a pas eu la chance d’exercer sa vraie profession depuis son arrivée au pays. « Mon diplôme n’est pas reconnu ici, au Québec », déplore-t-elle. Une situation similaire à d’autres immigrants qu’elle a rencontrés à Montréal. « Je parlais avec des chauffeurs de taxi et ils me disaient qu’ils étaient médecins ou ingénieurs dans leur pays. »

Après avoir cumulé quelques emplois qui ne lui convenaient pas, Carmen a choisi de développer une garderie à domicile à Montréal. À son arrivée à La Pocatière, elle a recommencé à zéro avec de nouveaux enfants, ajoutant au passage la confection de piñata sur mesure. Une situation qui lui convient bien. « Je crois que c’est plus facile pour moi d’être entrepreneure. J’aime bien faire mes choses moi-même », de déclarer la jeune femme.

Aider d’autres migrants

Disposant d’une maîtrise en histoire de l’art et archéologie, avec une spécialisation sur les églises antérieures du 12e siècle en Belgique, Julie-Christine Helas avouait ne pas s’attendre à travailler dans ce domaine lors de son arrivée au Canada. « Souvent, quand tu étudies en archéologie, tu vas te bâtir un petit réseau qui va t’aider à persévérer dans le domaine. Moi je ne l’avais pas, car je n’ai pas étudié ici. »

Elle a recherché un emploi dans le milieu culturel pour finalement devenir agente de développement à la municipalité de Saint-Gabriel-Lalemant. Avec cet emploi, elle s’est familiarisée au contexte législatif et aux réalités du monde municipal québécois. Aujourd’hui, c’est à titre d’agente de migration pour Place aux jeunes, chez Projektion 16-35, qu’elle évolue.

Pour être passée elle-même par un processus d’immigration, elle est consciente que son expérience personnelle peut être un atout pour ceux qui désirent s’établir au Kamouraska. « Mon travail se fait principalement avec des citoyens canadiens, ou des résidents permanents ou en voie de l’être », précisait-elle. Mais dans tous les cas, elle conviendra que le travail fait foi de tout. « Ici, le marché de l’emploi fonctionne beaucoup par recommandation. C’est pourquoi on poussera quiconque qui arrive dans la région à réseauter pour se faire connaître », concluait-elle.

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