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« Je ne suis pas nostalgique de l’Église des années 1950 » – Mgr Yvon Joseph Moreau

SAINT-JEAN-PORT-JOLI – Évêque de Sainte-Anne depuis décembre 2008, Mgr Yvon Joseph Moreau aura bientôt 75 ans, ce qui veut dire qu’il devra démissionner de ses fonctions. À l’occasion de sa rencontre annuelle avec les médias régionaux, mercredi dernier, il en a profité pour faire un bilan de ces huit années au service de la population du diocèse.

Moine cistercien depuis 25 ans – dont 18 à titre de supérieur de la communauté —, Mgr Moreau quitte la quiétude du monastère pour prendre la charge du diocèse de Sainte-Anne. Ça vie change alors du tout pour tout. « Je n’étais pas habitué à parler autant », lance-t-il en riant. Il trouve alors un diocèse bien différent de celui qu’il avait quitté pour entrer au monastère. « Quand je suis parti, la majorité des prêtres étaient dans la quarantaine. À mon retour, ils avaient presque tous plus de 70 ans », dit-il.

Tout à découvrir

Mgr Yvon Joseph Moreau ne cache pas que les premiers mois ont été plus fatigants. « J’avais tout à découvrir », dit-il. Le nouvel évêque doit aussi composer avec une nouvelle réalité. L’Église a changé. Les prêtres actifs sont moins nombreux et plusieurs fidèles ont déserté l’église. On compte aujourd’hui à peine une vingtaine de prêtres à plein temps pour desservir le diocèse. L’Église se dirige vers un tournant missionnaire où, en plus d’un regroupement d’unités pastorales, les communautés chrétiennes seront invitées à vivre leur foi autrement.

Mgr Moreau n’est pas pour autant nostalgique de l’Église des années 1950, plus dominante et contrôlante. Celle d’aujourd’hui est plus proche des valeurs de l’évangile, dit-il. « On va vers quelque chose de plus vrai. » Bien souvent, les qualités humaines compensent l’absence de foi, ajoute l’évêque de Sainte-Anne. Pour lui, on doit respecter le cheminement de chaque personne. « C’est ce qui a manqué dans l’église d’autrefois. »

L’accueil reçu

Ce qu’il retient le plus des années où il aura été évêque de Sainte-Anne, c’est l’accueil qu’il a reçu et qui ne s’est jamais démenti.

Quand il sera relevé de ses fonctions d’évêque, Mgr Moreau compte bien retourner au monastère. Quand il est parti, sa communauté monastique s’apprêtait à vivre un déménagement d’Oka vers l’abbaye de Val Notre-Dame à Saint-Jean-de-Matha. C’est là qu’il retrouvera la paix dans la prière et le recueillement.