Plusieurs personnalités ont marqué l’histoire du monde rural sur la Côte-du-Sud. On peut citer le cinéaste Maurice Proulx, l’agronome et homme politique Georges Bouchard et l’agronome Adélard Godbout qui a été premier ministre du Québec de 1939 à 1944. Mais le nom d’Elzéar Campagna (1898-1987) semble être resté dans l’ombre. On le considère aujourd’hui comme un pionnier de la recherche agronomique dans la région.
Natif de Saint-Paul-de-Chester, Elzéar Campagna obtient son baccalauréat en sciences agricoles de l’École d’agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière en 1923. Il est engagé l’année suivante comme professeur de botanique. Après plusieurs formations aux États-Unis, il se spécialise en bactériologie, en pathologie végétale et en mycologie et devient un éminent chercheur dans les domaines de l’éradication de l’herbe à poux dans le Bas-Saint-Laurent et de la culture des pommes de terre.
En collaboration avec Eugène Godbout, Champlain Perrault et Auguste Scott, Elzéar Campagna met sur pied en 1938 à Saint-Roch-des-Aulnaies un centre de recherche sur la pomme de terre qu’ils nomment La Parmentière. Signant un contrat avec le ministère de l’Agriculture, les trois chercheurs s’intéressent à résistance des pommes de terre pour contrer les maladies comme la gale commune. La ferme La Parmentière comprend entre autres un petit chalet, un caveau à patate et une porcherie. Elle ferme cependant ses portes en 1948.
Elzéar Campagna a été professeur à l’École d’agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière de 1924 à 1968. Il a également enseigné à L’Institution Chanoine-Beaudet à Saint-Pascal et à l’École des pêcheries de L’Université Laval à La Pocatière. Sa contribution comme professeur de botanique est aussi remarquée dans les camps d’été de l’École de la route des Cercles de jeunes naturalistes qui se retrouvent notamment à Grande Rivière et au Camp École Marie-Victorin au Lac Trois-Saumons dans L’Islet. Aujourd’hui, le fonds d’archives Elzéar-Campagna conservé aux Archives de l’Université Laval témoigne de la carrière exceptionnelle de ce chercheur.
Par Yves Hébert.
