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La première école d’agriculture en vente

Francine Leclerc, propriétaire de ce qui fut jadis la première école d’agriculture au Canada, a mis en vente récemment sa maison située à l’intersection de la 2e Rue Guimond et de la 4e Avenue Painchaud à La Pocatière. Cette décision survient après plus d’un an de démarches auprès des différents paliers gouvernementaux pour vérifier leur intérêt quant à l’acquisition de ce bâtiment historique.

Francine Leclerc habite cette résidence depuis maintenant 35 ans. Elle y a élevé ses enfants et y opère un salon d’esthétique depuis autant d’années. Le bâtiment a abrité la première école d’agriculture au Canada, dès 1859.

Francine Leclerc est bien consciente de l’importance de sa maison dans l’histoire locale, régionale et nationale. « Les cours se sont donnés ici jusqu’en 1912, année de construction de l’ITA actuel. À l’époque, c’est l’abbé François Pilote, avec l’aide de Jean-Charles Chapais, un des Pères de la Confédération canadienne, qui ont fondé l’école », racontait-elle.

Passionnée de ce patrimoine bâti et de l’histoire des lieux, Francine Leclerc a toujours entretenu sa maison avec le souci de conserver le plus possible son cachet et son authenticité d’antan. Mais entretenir une maison semblable demande du temps et de l’investissement. « Chaque fenêtre en bois de type ancestral coûte 2000 $ pour la conception et l’installation. J’en ai plus d’une cinquantaine autour de la maison. Mais malgré les coûts, j’ai toujours pris soin de ma maison et dès que j’avais les sous pour faire des travaux, je les faisais », de préciser la propriétaire.

Réfléchir aux alternatives

Parce que les années passent et parce qu’elle ne peut conserver sa maison indéfiniment, Francine Leclerc doit faire face à la réalité : un jour, elle devra vendre. Mais avant de s’y résoudre, elle réfléchira à plusieurs scénarios, allant de vendre la maison à ses fils, en passant par la possibilité d’y aménager des condos, ou même de la convertir en appartements pour personnes âgées semi-autonomes, qui auraient pu partager communément certains espaces et commodités. « Depuis huit ans, je pense à ça continuellement et je fais des recherches pour voir ce qui serait possible de faire avec la maison. Mais je crois fermement que pour le rôle qu’elle a joué dans notre histoire, elle devrait retourner au domaine public », mentionnait-elle.

« Depuis huit ans, je pense à ça continuellement et je fais des recherches pour voir ce qui serait possible de faire avec la maison. Mais je crois fermement que pour le rôle qu’elle a joué dans notre histoire, elle devrait retourner au domaine public. »

C’est avec cette idée en tête qu’elle entreprendra des démarches auprès des différents paliers gouvernementaux (fédéral, provincial, régional, municipal). Malheureusement, suite à ses communications, Francine Leclerc a reçu pratiquement aucun accusé réception, ou même de visite de sa demeure, ce qu’elle déplore. « L’ancien député néo-démocrate, François Lapointe, avait fait une première approche auprès de la ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles pour regarder la possibilité d’inscrire l’acquisition de la maison par le gouvernement fédéral dans le programme du 150e anniversaire du Canada en 2017. Il n’a pas été réélu et je n’ai pas eu de nouvelles », indiquait-elle.

La suite

Devant l’absence d’intérêt des différents paliers de gouvernement à l’égard de sa maison, ce n’est que tout récemment que Francine Leclerc s’est résignée à la mettre en vente par Sotheby’ s International Realty. Malgré tout, elle semble encore espérer l’impossible, soit que sa maison, dont l’histoire se perpétue encore aujourd’hui entre les murs de l’ITA – Campus de La Pocatière, devienne un lieu public et de culture qui profitera à tous. « Une bibliothèque, un musée sur l’histoire de La Pocatière, ou pourquoi pas la nouvelle Maison du Kamouraska? Le terrain est vaste, la vue sur le fleuve est magnifique et les touristes prendraient l’habitude de monter la côte », énumérait-elle, à titre d’exemple.

Encore très attachée à sa maison, on sent que par moment, Francine Leclerc contient toujours son émotion. Si elle se dit prête à vendre, on comprend que ça ne sera pas à n’importe qui ni à n’importe quel prix. Néanmoins, on sent également qu’elle se prépare à cette réalité et qu’une certaine sérénité semble tranquillement s’installer. « Tant par le travail que j’y ai apporté, tant par les rénovations que j’y ai faites, tant par l’amour que je lui ai donné et dernièrement en manifestant aux élus mon désir que ce patrimoine bâti retourne au public, moi j’ai le sentiment d’avoir fait tout ce que j’ai pu pour protéger cette maison-là », de conclure Francine Leclerc.