SAINTE-LOUISE — Le moins que l’on puisse dire, c’est que Clément Doyer a eu une vie peu banale. Les 33 premières années de son existence, il les raconte dans son premier récit autobiographique : Une vie pleine, nœuds et libération.
« Écrire, je trouvais que ce n’était pas pour moi », raconte l’auteur à quelques minutes de son lancement. À la suite du décès de son frère, Pierre, dans une prison de l’État de New York, il a reçu l’autobiographie que celui-ci avait écrite. Ça lui a donné le goût d’écrire la sienne.
Clément Doyer révèle dans son livre un réel talent de conteur. Son récit est ponctué d’anecdotes savoureuses — comme la fois où il contribua à entrer un veau dans le dortoir du Collège de Sainte-Anne — et d’événements inusités.
Plus encore, c’est le portrait d‘une époque qu’il nous livre depuis le milieu des années 1940. Le livre contient aussi plusieurs photos.
Déménagements
Son père occupait un emploi de télégraphiste pour les chemins de fer nationaux (CN), ce qui a amené sa famille à déménager souvent. C’était difficile pour le jeune Clément de se faire des amis, ce qui a fait de lui un enfant solitaire.
À 5 ans et demi, il se retrouve pensionnaire dans un couvent avec les religieuses et doit s’habituer à leur discipline stricte. Le fait d’y avoir été conduit sans savoir que ses parents le laisseraient là a fait en sorte que le petit garçon qui voulait être pape aura longtemps peur de l’abandon.
Monsieur Doyer raconte aussi la vie dans une gare. « Je me trouvais chanceux quand je pensais à mon cousin du côté paternel plus âgé que moi, qui avait un train électrique miniature dont il était fier, alors que moi, je pouvais jouer avec un vrai », écrit l’auteur.
Clément et Pierre Doyer, accompagnés des frères Roux, avaient réussi à mettre sur les rails le « pompeux », ou draisine à bras (plateforme montée sur quatre roues en fer actionnées par un levier à bascule à double poignée comme on en voit dans les films muets), à l’insu de leur père. Une autre belle anecdote.
Port d’attache
Avant que son bateau ne s’échoue en face de Saint-Roch-des-Aulnaies, Clément Doyer se sentait étranger partout où il vivait. Maintenant installé à Sainte-Louise, il continue de voyager, mais a trouvé son véritable port d’attache.
Clément Doyer a effectué une recherche de neuf ans en autoconstruction. Il a construit deux voiliers et neuf maisons. En 1990, il fonde son entreprise, Labo Solidago, et offre une alternative aux antibiotiques pour les animaux d’élevages, en particulier les vaches laitières.
Depuis 2001, il exploite une ferme en Thaïlande où il passe cinq mois chaque année. En compagnie de son épouse thaïlandaise, Amee, il expérimente de nouvelles méthodes de culture du riz et de l’hévéa.
Si son livre raconte les 33 premières années de sa vie, le lecteur sera heureux d’apprendre qu’il est déjà à la rédaction de la suite.
