SAINT-PACÔME – Un certificat trône sur le miroir de sa chambre. Chaque jour, le document qu’il a reçu à la suite de sa thérapie au centre La Montée de Saint-Pacôme rappelle à Marcel qu’il est sobre depuis un an.
En janvier 2011, Le Placoteux a rencontré Marcel, un homme dans la mi-soixantaine, alors en thérapie fermée de 20 jours pour combattre une dépendance à l’alcool. Un peu plus d’une année s’est écoulée depuis. Mercredi dernier, Marcel était de retour au centre, mais cette fois-ci pour témoigner comment la sobriété a changé sa vie.
Marcel n’est pas l’homme des longs discours. Il agit. Il y a deux ans, il a décidé d’arrêter de fumer. Il n’a pas touché à une cigarette depuis. En janvier dernier, après s’être réveillé au lendemain d’une cuite à l’hôpital de Montmagny, il a décidé, avec la même détermination, que la goutte avait fait déborder le bock! « Je ne voulais pas retourner chez nous », dit-il.
L’isolement
Conscient des conséquences que cette dépendance a sur sa famille et sa santé, l’homme s’inscrit à une thérapie au centre La Montée de Saint-Pacôme. Lorsque Marcel partait sur une brosse, elle pouvait durer une semaine. « J’arrêtais quand j’étais malade », raconte-t-il. Une situation qui durait depuis plusieurs années et qui l’amenait notamment à multiplier les absences au travail. Marcel était travailleur d’usine.
L’an dernier, au milieu de sa thérapie, Marcel racontait que sa dépendance avait conduit son couple à l’isolement. Il s’estimait même chanceux de ne pas avoir jusque-là trouvé sa valise sur la galerie. D’ailleurs, au cours de la discussion, Marcel revient souvent sur les impacts de la consommation pour les conjointes. « Ce n’est pas une vie pour une femme non plus », dit-il. Marcel secoue la tête, sourit et ajoute : « je pense que c’est un des plus beaux cadeaux que j’ai fait à ma conjointe. »

Photo: Maurice Gagnon
Changement de vie
Depuis un an, la vie de Marcel a changé de façon radicale. Il a accompagné son fils camionneur quelques jours dans la région de Sept-Îles. Il joue aux quilles quatre fois semaine. Sa relation avec son épouse est meilleure. Sa santé va mieux. Il est plus confiant, plus positif, se sent plus en sécurité. « Même la nourriture a meilleur goût », lance en riant celui qui a pris quelques kilos au cours des derniers mois. Bref, Marcel est vraiment bien depuis qu’il est à jeun et compte bien ne jamais retoucher à l’alcool.
Marcel affirme ne pas avoir éprouvé la tentation pour l’alcool, même dans le temps des fêtes, lorsque des gens débouchaient une bière en sa présence. « Je ne pense même pas à cela lorsque je rentre au dépanneur », dit-il.
La thérapie
Le cas de Marcel est particulier. En fait, chaque cas est particulier, précise Stéphane Picard, coordonnateur clinique par intérim au centre La Montée. « Lorsqu’on fait une rechute, il ne faut pas considérer cela comme un échec. La rechute peut même faire partie du processus de guérison », ajoute-t-il. Selon monsieur Picard, ce que la personne a acquis en thérapie n’est pas perdu et pourra lui permettre de se relever. « Il ne faut pas avoir peur de consulter », dit-il. Sur le site Internet de La Montée, on peut voir une courte vidéo regroupant des témoignages de personnes qui sont passées par le centre.
Lorsqu’on lui demande s’il aurait pu s’en sortir par lui-même, sans thérapie, Marcel réfléchit quelques instants en silence. « Je ne pense pas », avoue-t-il. Selon lui, quelqu’un qui veut se sortir d’un problème de dépendance peut y arriver s’il est déterminé. Quel message voulez-vous adresser aux personnes dans la même situation que celle où vous étiez avant la thérapie? « Allez-y avant de gaspiller plusieurs années », lance Marcel sans hésiter.
