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Le maire de Notre-Dame-du-Rosaire démissionne

NOTRE-DAME-DU-ROSAIRE – La saga qui opposait le maire à plusieurs de ses concitoyens, en particulier des membres du conseil municipal et un grand nombre de bénévoles démissionnaires de diverses associations, a finalement eu raison de Gilles Giroux, maire de cette municipalité d’environ 380 habitants. Il a remis sa démission mercredi soir dernier, lors d’une assemblée spéciale du conseil municipal. Celle-ci sera effective à compter du 16 mai 2014.

Fait à mentionner, le maire Giroux n’a pas remis sa démission en personne. C’est la directrice générale de la municipalité, Mme Isabelle Lachance, qui a lu la longue lettre de démission de quatre pages, devant une salle comble.

Selon ce qu’a révélé CMA-TV, l’abdication aurait été acceptée avec soulagement par les six autres membres du conseil présents à l’assemblée. Il appert qu’ils n’avaient plus confiance en leur maire, qui aurait manqué de transparence en leur cachant des faits qui auraient pu les éclairer dans leurs prises de décisions.

Dans sa lettre, le maire se dit attristé de devoir quitter. En « congé de maladie » depuis plusieurs jours, il le sera encore jusqu’au 16 mai « afin de reprendre des forces […] et de me donner le temps de ramasser mes affaires personnelles en présence de la directrice générale, d’ici quelques semaines », a-t-il mentionné.
Entré en politique municipale à titre de conseiller en 2008, M. Giroux a été élu maire par acclamation en 2009, puis le 3 novembre 2013, lors des élections municipales. Il dit avoir réglé, dès son arrivée à la mairie, le dossier du réseau d’aqueduc et d’égouts qui trainait.

Mentionnant que la municipalité se trouvait en situation financière précaire à son arrivée, le démissionnaire a déclaré : « L’administration municipale s’était bien déroulée durant mes cinq années comme conseiller et maire. » Il a souligné avoir hérité d’une situation financière chancelante, avec plusieurs milliers de dollars de déficit, et affirme laisser en héritage à ses citoyens un surplus de près de 300 000 $. « Ce qui est certainement un signe de saine gestion », estime-t-il.

Histoire de dépanneur

Un imbroglio dans le dossier du renouvellement du bail de location entre la municipalité et le dépanneur et poste à essence Dep-Café, considéré comme un service essentiel, a vraisemblablement coûté sa tête au maire.

Après un accord avec un comité de bénévoles et le propriétaire, qui devait, semble-t-il, donner lieu à une résolution du conseil pour renouveler le bail, le maire aurait consulté des avocats et aurait refusé d’entériner cet accord.

Aussi, les locataires n’auraient jamais voulu signer un document approuvé par les conseillers juridiques soumis par le maire, pour qu’ils acceptent les conditions de location qui devaient se trouver dans la résolution. Ces conditions nous sont inconnues, puisque nous n’avons pas pu parler à la directrice générale.

« Le conflit sans précédent qui provoque ma démission aujourd’hui est dû, selon moi, à une connaissance incomplète du dossier du dépanneur par plusieurs personnes. À un très grand manque de jugement de certains individus et, aussi, à la présence d’une nouvelle conseillère qui […] est devenue conseillère sans doute pour des fins personnelles », de lancer amèrement Gilles Giroux.

« Je quitte donc mon poste avec la tête haute, car je suis certain que toutes les décisions municipales ont été prises de bonne foi […]. Avec une vérification et une approbation auprès des décideurs et des conseillers, lorsque le dossier devenait ambiguë, et avec le plein accord des conseillers en poste », a-t-il estimé

« Il est impossible pour un maire de fonctionner sous l’intimidation et les menaces », de conclure M. Giroux, qui a souhaité bonne chance à la prochaine personne qui sera maire pour administrer une municipalité où il y a de nuisibles gérants d’estrade.

Le maire Giroux était aussi membre du Comité de Sécurité publique de la MRC de Montmagny, du conseil d’administration du CLD de la MRC de Montmagny, membre du Comité de diversification, membre du Conseil d’administration de la Société du Parc linéaire Monk, membre du Comité conseiller du Développement rural et du Pacte rural. (R.L.)