Publicité

Le Ranch Grain de Selle rêve à des jours meilleurs

Dans la nuit du 10 au 11 janvier dernier, de forts vents emportaient le manège équestre des Doebeli. À l’époque, cette famille originaire de la Suisse craignait le pire pour leur entreprise. Quelques mois plus tard, le Ranch Grain de Selle de Saint-Aubert est toujours en opération, même s’il a déjà connu des jours meilleurs.

Au lendemain de l’effondrement du manège équestre, la mine était basse chez les Doebeli. Ce dernier était non seulement apprécié par eux, mais aussi de la clientèle pensionnaire ou en apprentissage, qui pouvait pratiquer l’équitation à l’année, beau temps mauvais temps au Ranch Grain de Selle. « On avait neuf chevaux pensionnaires. Nous en avons plus que quatre. Là-dessus, il y en a au moins deux qu’on a perdus à cause du manège. Pour les autres, il s’agit de raisons diverses », de confier Jean-Pierre Doebeli.

Malgré tout, le Ranch Grain de Selle possède 17 poneys qui servent à l’apprentissage de l’équitation classique chez les enfants. Encore là, les temps sont difficiles. « On a peut-être manqué au niveau de la publicité, ça peut expliquer en partie pourquoi les enfants sont moins présents. Mais on sait qu’ici, les poneys fascinent moins que les grands chevaux », de mentionner Corinne Doebeli.

Impasse

Sans manège équestre depuis plus de sept mois, c’est beaucoup plus tard au printemps que le Ranch Grain de Selle a pu reprendre pleinement ses activités. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui manquait de reconstruire. Au final, l’enjeu de l’argent aura parlé.

« Reconstruire nous coûterait environ 150 000 $. On n’a pas les moyens. On a touché une toute petite somme des assurances, mais ça sert plutôt à boucher les trous dans le compte en banque », de raconter Jean-Pierre.

Le couple a aussi espéré certaines aides financières ou programmes de subventions qui auraient pu les aider à aller de l’avant avec une reconstruction. Malheureusement, les critères d’admissibilité ne conviendraient pas à leur situation. « On n’est pas un OSBL, on n’est pas assez jeune, ni assez éloigné dans les terres. Par moment, on s’est dit que si l’entreprise était à mon nom, on aurait peut-être eu le droit à certaines subventions », de renchérir Corinne, faisant référence à des programmes d’accès à l’entrepreneuriat pour les femmes.

Bon voisinage

Même si le temps a déjà été plus radieux au Ranch Grain de Selle, les Doebeli ne sont pas moins passionnés pour autant. Depuis quelques semaines, c’est avec plaisir qu’ils transmettent leur savoir à une jeune stagiaire allemande, Hannah Kirch, venue au Canada apprendre le français et voir les différentes méthodes d’apprentissages en lien avec l’équitation thérapeutique. « Elle a accepté de venir quand même, malgré le fait que nous ne fonctionnons pas à plein régime », de préciser Jean-Pierre Doebeli.

Un bel échange qui n’est pas s’en rappeler cette relation particulière que la famille entretient avec la communauté de Saint-Aubert, qui n’a pas hésité à leur venir en aide, au lendemain de l’effondrement du manège. « Les soumissions qu’on avait pour tout déblayer allaient jusqu’à 11 000 $ dans certains cas. Nos voisins et les gens du village ont organisé une grande corvée pour nous prêter main-forte. Nous en sommes très reconnaissants », de conclure Corinne Doebeli, sur une note positive.