Le Kamouraska est le berceau de plus d’une vingtaine de familles souches. C’est un territoire riche en histoire où l’on retrouve un centre d’archives régional. Bref, il compte tous les ingrédients pour miser sur ce que Mme Pascale Marcotte appelle le tourisme généalogique.
Mme Marcotte est professeure au département de géographie de l’Université Laval et fait partie de la chaire de recherche sur l’attractivité et l’innovation en tourisme. Elle était au Kamouraska jeudi dernier pour présenter une conférence invitée par Promotion Kamouraska.
Internet
Internet a beaucoup facilité les recherches généalogiques. Cela incite des gens à partir à la recherche de traces physiques de leurs ancêtres. Ils veulent voir la maison ancestrale, des copies de baptistères ou de contrats de mariage. Ces personnes, explique Mme Marcotte, forment une clientèle touristique intéressante. « On n’a pas besoin d’aller vers eux, souvent ce sont eux qui viennent vers nous », dit-elle. Parmi eux, on retrouve des Américains dont les ancêtres ont fait partie des immigrants partis de la région pour aller chercher du travail aux États-Unis.
Il est difficile d’évaluer le nombre de touristes généalogiques parce que plusieurs ne passent pas par les bureaux d’information touristique. Sans qu’ils soient très nombreux, ils représentent un marché de niche qu’il ne faut pas négliger. Ils démontrent un véritable intérêt pour la région. Or, cette région n’est pas toujours formée pour les renseigner adéquatement, souligne Mme Marcotte. « Il faut être mieux outillés pour les accueillir », dit-elle. On doit leur donner le goût de revenir ou encore de leur montrer qu’il y a autre chose à voir.
Réflexion amorcée
L’agent de développement du parc régional du Haut-Pays, Alexandre Bibeau, croit qu’il faut développer le tourisme généalogique au Kamouraska. Un comité a d’ailleurs été formé. Selon M. Bibeau, des visiteurs intéressés par leur histoire familiale débarquent dans la région chaque année. La Table tourisme, la Table culture, le parc du Haut-Pays et la municipalité de Saint-Gabriel avaient d’ailleurs amorcé une réflexion sur le sujet. L’idée de tour guidé lancée par Saint-Gabriel pourrait être un des premiers projets mis en place, ajoute M. Bibeau. La conférence de Mme Marcotte aura permis, dit-il, de voir l’opportunité de cette forme de tourisme et de réfléchir aux moyens pour se structurer afin de répondre à la demande.
