LA POCATIÈRE — Quand il habitait au sud-ouest de la France, Arnaud Wery opérait un centre canin avec sa conjointe, Leïla Fayet. À La Pocatière depuis juin 2014, le maître chien offre des formations pour éduquer les chiens.
Mardi soir dernier une douzaine de propriétaires de chiens sont réunis sur le plateau de la montagne du Collège pour une première rencontre. M. Wery donne de la formation en groupe ou individuelle pour les propriétaires privés. Il offre aussi à Québec, en collaboration avec la Commission scolaire des Premières-Seigneuries, des formations pour toiletteurs professionnels.
Le couple est arrivé au Québec parce que Leïla avait choisi d’entreprendre des études en Santé animale au Cégep de La Pocatière. Présentement, il donne la formation pour les chiens, mais éventuellement il voudrait aussi ajouter les chats.
« On apprend au chien à se comporter d’une manière humaine », résume le formateur. Selon lui, tout animal peut être éduqué, même les chiens agressifs. Certains propriétaires vont à ses rencontres pour éduquer le chien à sortir en harmonie avec la population, pour la promenade, pour corriger un problème de jappement ou encore pour le préparer à des compétitions.
Comparaison
Quand il compare avec la France, Arnaud Wery remarque que toute proportion gardée, le nombre de morsures est plus élevé au Québec. « Selon un sondage léger marketing fait en 2010, dit-il, il y aurait chaque jour 450 morsures au Québec. » Si on extrapole ces chiffres, dit-il, cela donne 164 250 morsures chaque année, dont 115 000 enfants, puisque ce sont les enfants de 0 à 14 ans qui sont pris pour cible dans 70 % des cas. « En 2014, la population québécoise était de 8 180 000 personnes, c’est donc 2 % de la population qui est mordue chaque année. » Au bout de 10 ans, ça représente 20 %, dit-il. En France, Le CDIA (Centre de Documentation et d’Information de l’Assurance) situe annuellement le nombre de morsures déclarées aux environs de 500 000, dont 60 000 nécessitent une hospitalisation et 500 000 non déclarées pour un total de 1 million.
En France, observe M. Wery, la population est de 66 000 000 d’habitants, donc 0,98 % de celle-ci qui est mordue chaque année. « Je pense que le manque de formation officielle et encadrée par l’État manque au Québec et que le chiffre de 450 personnes (ou 315 enfants et 135 adultes) mordues chaque jour pourrait être divisé par deux en formant simplement les professionnels, qui formeraient à leur tour les écoles et les particuliers », dit Arnaud Wery.
Monsieur Wery note aussi l’importance de la stérilisation. Au Québec, pour une population de 2,5 millions de chiens et chats de compagnie on pratique annuellement 500 000 euthanasies. En France, le nombre d’euthanasies est le même, mais pour une population de 18 millions de chiens et de chats.
