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L’Ordre national décerné à une dame de La Pocatière

LA POCATIÈRE – Fondatrice de l’Institut de développement nord-sud (IDNS), ONG (organisation non gouvernementale) en coopération internationale basée à La Pocatière, Mme Violette Alarie se voyait attribuer le titre de Chevalière de l’Ordre national du Québec, le 22 juin dernier.

Instauré en 1984, l’Ordre national du Québec est la plus haute distinction remise par le gouvernement du Québec pour souligner l’apport des Québécois au rayonnement de la province, ou leur participation à son évolution.

Récipiendaire aux côtés de 34 autres québécois, dont Boucard Diouf, Gilles Duceppe, Anne-Marie Dussault et Liza Frulla, Violette Alarie a certainement un parcours atypique pour une femme de sa génération, mais qui encore aujourd’hui a de quoi impressionner : première francophone admise à la Faculté d’agronomie de l’Université Laval en 1958; participation à la création d’un O.T.J. (Œuvres des terrains de jeux) à Saint-Damien-de-Buckland, enseignante en biologie à l’école normale de Saint-Damien et en agronomie dans le secteur professionnel à la Polyvalente de La Pocatière; une des premières femmes consultantes en coopération internationale au sein de l’ACDI (Agence canadienne de développement international); doctorat de 3e cycle en coopération internationale en 1987; et bien sûr, la fondation de l’IDNS, qui opérera de 1985 à 2005.

« Comme femme, j’aimais ouvrir les portes. Par moment, j’ai l’impression que ça m’a favorisé dans mon travail à l’étranger, surtout en Afrique francophone, parce que je ne les intimidais pas », confiera-t-elle.

L’IDNS

Durant ses 20 années d’opération, l’IDNS aura une forte présence en Haïti, en Amérique centrale et en Afrique francophone. Opérant de La Pocatière, l’organisation employait entre 10 et 15 professionnels sur place et plus de 200 stagiaires de divers pays fréquentaient les institutions membres de l’IDNS. Aux débuts des années 90, elle disposait même d’un bureau avec personnel canadien au Rwanda et au Maroc. L’IDNS bénéficiera aussi de l’expertise du Cégep, de l’ITA et de l’UQAR (membres fondateurs) dans le déploiement de ses différents projets à l’étranger. « En région, on est ingénieux et c’est ça qu’on a amené dans le monde. Nos actions étaient faites en partenariat. Ça veut dire qu’on était là quand ça allait bien, mais aussi quand ça allait mal », de préciser la récipiendaire.

Parmi les nombreux projets portés par l’IDNS, Mme Alarie cite le Programme de renforcement des associations féminines dans les pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), réalisation dont elle se dit particulièrement fière. « Les gens en ville ne comprenaient pas qu’on puisse faire tout cela de La Pocatière. Pourtant, tout est présent dans une région et mon rêve, c’était de faire bénéficier de notre expertise ailleurs dans le monde », ajoutait-elle.

Reconnaissante

Très humble, Violette Alarie ne s’appropriera jamais de mérite. À plus d’une reprise, elle exprimera sa reconnaissance envers sa famille et ses amis, qui ont pris la peine de présenter sa candidature à l’Ordre. Elle parlera aussi de ceux qui l’ont accompagné et épaulé, tout au long de sa vie professionnelle, notamment à l’IDNS.

Claude Langlais, attaché politique du député Norbert Morin et président de l’IDNS au tournant des années 90, dira de Mme Alarie : « C’est une femme intelligente, avec beaucoup de leadership, qui menait toujours à terme ses projets. On est surtout redevable à elle. »

Son fils, François Gendron, employé à l’IDNS de 1989 à 2000 : « C’est un cheminement qui s’est accompli principalement dans l’ombre, si on compare à d’autres récipiendaires de l’Ordre, mais dont les retombées sont tout aussi palpables. »

De son côté, Mme Alarie espère que son parcours en inspirera d’autres. « Il faut que se soit un exemple pour les jeunes. Parce que c’est à cet âge qu’il faut avoir un idéal et travailler pour le réaliser. »